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Le poing du jour : le nettoyeur pour vitre d’insert

Il y a les GPII (les Grands Projets Inutiles et Imposés) et il y a aussi les POINGS ! Les Poings, les Produits et Objets Inutiles, ou Nuisibles Graves.

Il y a les GPII (les grands projets inutiles et imposés) et il y a aussi les POINGS !

Les Poings, ce sont les Produits et Objets Inutiles, ou Nuisibles Graves. Un geste individuel ne va pas changer la face du monde, mais collectivement nous pouvons réfléchir à la raison d’être de tel ou tel produit, de son efficacité, de son intérêt pour la majorité d’entre nous, de son impact sur la santé ou notre environnement.

Actuellement le ou la salariée ne choisit pas ce qu’il ou elle fabrique

Ce sont les patrons qui décident pour lui selon des critères bien à eux, le plus important étant le profit qu’ils entendent réaliser dans le laps de temps le plus court. Mais nous souhaitons justement que les travailleur/ses prennent le contrôle de la production en consultation avec les usagers. C’est pour cela qu’il est temps de jeter un oeil critique sur les objets qui nous entourent.

Le poing du jour : le décape-vitre d’insert

Si l’on en croit le nombre de forums sur le net pour parler des mérites de tel ou tel produit miracle (« la deuxième fois j’étais tellement satisfaite que j’en ai pris trois d’un coup », préoccupations majeures semble-t-il de la redoutable « ménagère de moins de cinquante ans », nous avons décidé de jeter un oeil sur les solutions que nous ont apportées les blouses blanches de l’industrie chimique aidé par les marchands producteurs et vendus par les experts en communication et marketing à grand renfort de publicité plus ou moins – en fait plutôt moins – informative sur les dangers pour la santé et l’environnement.

Jusqu’en fin 2008, j’utilisais un produit Starwax contenant du méthylisothiazolinone et et du méthylchloroisothiazolinone. Et je passais une heure à nettoyer les trois vitres. Début 2009 j’ai « hérité » d’un reste de flacon pulvérisateur Diablotin dont l’efficacité est époustouflante (moins d’un quart d’heure de nettoyage). Matière active : hydroxyde de sodium ; ce qui rejoint le conseil d’utiliser de la lessive de soude diluée. Hélas, il semble que Le Diablotin n’existe plus dans le commerce. J’ai donc acheté récemment un flacon de même aspect portant la marque Pyro Feu, mais dont l’efficacité est moindre. Matière active : hydroxyde de potassium.

Prenons par exemple Décap’Feu, marque bien connue (la ménagère modèle utilise déjà DécapFour…) mais nombre d’étiquettes différentes feraient aussi bien l’affaire et pour pas mal nous conduiraient peut-être chez le même fabricant.


Voir la vidéo Decap Feu sur wat.tv

Décap’Feu est produit par Henkel AG & Co. KGaA, une entreprise allemande présente dans trois domaines d’activités : les détergents et l’entretien de la maison (27 %), la beauté (22 %) et les Adhesive Technologies (50 % du CA en 2011). Créé en 1876, Henkel détient des positions fortes, auprès des industriels comme des consommateurs, avec des marques comme Le Chat, Mir, Super Croix, X-TRA, Schwarzkopf, Diadermine, Pritt, Pattex ou encore Loctite.

Employant près de 47 000 personnes, le Groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 15 605 millions d’euros, soit une hausse des ventes de 3,4 % (organiquement : +5,9 %) et un résultat d’exploitation ajusté de 2 029 millions d’euros en 2011. Les actions préférentielles Henkel sont listées à l’indice boursier allemand DAX.

La liste des ingrédients nécessaires à ce cocktail est impressionnante : à part l’eau, on y trouve :

• du METHOXYISOPROPANOL
• du butane
• du PPG-2 METHYL ETHER
• de la ETHANOLAMINE
• du propane
• du SODIUM HYDROXIDE
• du MAGNESIUM SILICATE
• de la COCAMIDE MEA
• de l’ISOBUTANE
• et pour finir du SODIUM LAURETH SULFATE.

Alors bon appétit avec certains de ces ingrédients , surtout ouvrez bien les fenêtres, équipez-vous de gants pour éviter les brûlures, les dermatites, les eczémas, protégez-vous les yeux contre les éclaboussures, ne respirez pas, prenez une éponge qui sera condamnée ensuite, faites attention de ne pas toucher les joints au risque de les pourrir. Et ensuite que faire de ces déchets de flacons en plastique ?

Pas tout à fait satisfaits nous sommes allé chercher le produit dit « écolo » avec le label écocert à la clé et voici ce que cela donne pour le nettoyant insert & four Etamine du Lys avec les précautions d’emploi quand même qui sont les mêmes que pour le produit précédent…

Ingrédients :
• > 30 % eau
• < 5 % Tensioactifs non ioniques (sucrières)
• Contient également : hydroxyethyliminodiacetic acid, sodium silicate, potassium hydroxide (CAS 215-181-3), disodium metasilicate (CAS 229-912-9)

Précautions d’emploi :

Conserver sous clé et hors de portée des enfants. Porter un vêtement de protection approprié, des gants et un appareil de protection des yeux / du visage. En cas de contact avec les yeux, laver immédiatement et abondamment avec de l’eau et consulter un spécialiste. En cas d’accident ou de malaise, consulter immédiatement un médecin (si possible lui montrer l’étiquette). Eliminer ce produit et son récipient dans un centre de collecte de déchets dangereux ou spéciaux. Irritant pour les yeux et la peau. Provoque de graves brûlures.

Avec cet exemple on voit bien toute la logique des industriels qui utilisent les labels écolo pour nous servir la même soupe. Ou bien est-ce écocert qui est surtout destiné à avant tout vendre son label ? Et de toute façon il aura fallu beaucoup d’énergie pour produire ces flacons en plastique soit-disant recyclables pour faire des polaires, etc., etc.

Moralité de l’histoire

Le label sert essentiellement à donner l’impression qu’en suivant les labels on lave plus vert que vert, cela rassure les bobos bien-pensants, cela nous dédouane aussi de faire l’effort de réfléchir. Si c’est vu à la télé, c’est que ce doit être vrai. Le fabriquant fabrique et crée des emplois, la publicité fait vendre et crée un marché, le consommateur consomme et assure le point de croissance si cher à nos économistes. Tout va bien !

Le problème, c’est que chacun d’entre nous est matraqué et bombardé depuis son enfance au coeur même de l’ inconscient, par la pub qui nous ramollit les neurones et fait prendre l’habitude de nous en remettre aux « experts », aux scientifiques, aux labelliseurs qui nous « protègent ». La génération précédente, celle du baby-boum a embrassé avec ardeur tous les « progrès » qui ont été vendus pendant les prétendues 30 glorieuses (ou la croissance marchait à deux chiffres). La génération d’aujourd’hui n’a rien connu d’autre.

Alors pour la solution, il faut non pas revenir à la bougie mais consulter les vieilles recettes
Si on met à part les produits traditionnels : citron, vinaigre blanc, bicarbonate, s’il y a une « recette » qui mériterait le label écocert, c’est bien la cendre de bois : prenez une éponge, humectez-là, tapotez-la dans la cendre (pas besoin de chercher bien loin…), essuyez votre vitre (même pas la peine de frotter), rincez, c’est fait : pas d’énergie consommée pour la fabrication, pas de déchets toxiques, pas de danger pour la santé, gratuité du produit. Quoi de plus écologique ?

Et pour nous anticapitalistes ? Devenir nos propres experts, retrouver notre autonomie, celle que les capitalistes et leurs vassaux gouvernementaux souhaitent nous retirer comme ils essayent de le faire en nous « protégeant » de nos semences non homologuées pour être sûrs que nous achèterons les leurs.

Marcel Rougever

Présentation détaillée de notre programme écosocialiste et anticapitaliste

Voir en ligne : Article repris du NPA 32

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Mis à jour le jeudi 13 juin 2019