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Macron est fin prêt pour la bataille. Il est temps de préparer la riposte !

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Alors que le calendrier ultra serré des ordonnances Macron pour attaquer durement le Code du travail est connu de tous, le Parisien a révélé un document de campagne sur le contenu desdites ordonnances.
Macron est fin prêt pour la bataille. Il est temps de préparer la riposte !

Julian Vadis
Crédits photo : FRANCOIS LO PRESTI AFP

Bien sûr, ni l’annonce d’un calendrier très serré pour imposer les ordonnances Macron, ni le contenu des dites ordonnances – même s’il ne s’agit que d’un document de campagne ayant fuité, et que la version gouvernementale pourrait légèrement différer – calibré pour frapper fort sur le Code du travail, ne sont des surprises. En effet, Emmanuel Macron n’aura pas fait de mystère sur ses intentions lors de la campagne présidentielle. S’il y a des « promesses électorales » tenues, ce sont bien les attaques contre les travailleurs. Néanmoins, les aléas de la situation politique pourraient retarder la mise en place de tels plans.

Emmanuel Macron est-il dans les meilleures conditions pour mener cette offensive ? Son premier gouvernement, censé représenter le « renouvellement de la vie politique », n’aura pas réussi à garder le masque très longtemps. Avec pléthore de vieux briscards de la politique (même si, pour la plupart, inconnus du grand public), tous déterminés à accélérer les attaques contre le mouvement ouvrier, et surtout les premières affaires de corruption dans la quasi-continuité du « Penelope Gate », concernant particulièrement Richard Ferrand, il fait peu dire qu’il y a un accroc.

De plus, sur la scène internationale, le début de quinquennat Macron n’est pas une franche réussite. Non seulement l’entretien avec Vladimir Poutine n’aura pas permis au nouveau président français d’apparaître dans le rôle souhaité, c’est-à-dire en principal interlocuteur impérialiste pour avancer vers des points d’accords significatifs. Mais le principal coup dur est bien évidemment le revers incarné par la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris. La presse bourgeoise peut s’agiter dans tous les sens sur la poigne de celui qui s’évertue à apparaître en chef de guerre, il n’en demeure pas moins que Donald Trump aura allégrement renvoyé dans les roses Macron sur la question écologique, et ce alors que le président fraîchement élu revendique sans aucune retenue les résolutions issues de la COP 21.

En soi, la fuite même d’un document aussi sensible n’est pas sans rajouter une difficulté supplémentaire pour Emmanuel Macron, d’autant plus en pleine campagne législative, qui ne permet pas d’envisager à coup sûr une majorité parlementaire à « La République En Marche ». Pourtant, plusieurs éléments sont à prendre en compte. D’une part, même avec une majorité « composite » avec Les Républicains et le Parti socialiste, il ne fait que peu de doute qu’il n’y aura pas de situation de blocage à ce projet de loi sur le terrain parlementaire. Et pour cause, il s’agit là d’une première salve censée enclencher une restructuration du capitalisme français que les classes dominantes jugent indispensable.

D’autre part, les principales organisations ouvrières en capacité de préparer la riposte jouent aujourd’hui la montre. Sur le plan politique, la France Insoumise, qui a conquis un espace à « la gauche de la gauche », ne pose aucune autre perspective que l’élection législative, et ce alors qu’une issue qui verrait le mouvement de Jean-Luc Mélenchon majoritaire est aussi incertaine qu’insuffisante. En effet, elle n’offre que la possibilité de négocier le recul social, qui plus est en se privant de tout appui sur le terrain de la lutte des classes. C’est en ce sens que la prise de position du leader de la FI, qui a déclaré que le vote insoumis permettrait de s’économiser « des kilomètres de manifestations », et au vu de la position gagnée par ce mouvement avec la présidentielle, désarme pour l’heure les travailleurs face aux attaques à venir.

Sur le plan syndical, la situation n’est guère plus reluisante puisque, à des degrés divers, les trois principales centrales syndicales maintiennent une situation de statu quo. Bien sûr, rien d’étonnant de la part d’une CFDT bien décidée à garder son statut d’interlocuteur privilégié du gouvernement, mais la position de Force ouvrière offre un véritable bol d’air frais pour Emmanuel Macron. Quant à la CGT, elle alterne le chaud et le froid, en déclarant que les discussions sont positives (alors que Macron lui-même se vante de ne rien avoir dit aux syndicats !) tout en ayant montré les muscles avec le mouvement des routiers, comme pour démontrer sa capacité à bloquer le pays, sans aller jusqu’au bout de la démarche.

En bref, si les classes dominantes, par le biais de leur avatar Macron, sont fin prêtes pour l’affrontement, les travailleurs se retrouvent aujourd’hui sans plan de bataille conséquent. Pourtant, les brèches sont aujourd’hui nombreuses, et les multiples articles élogieux envers Macron de la presse bourgeoise peinent à masquer l’instabilité et la faiblesse du pouvoir fraîchement élu. C’est en ce sens que des éditos comme celui de Barbier sur Philippe Poutou après le Grand débat, ou plus récemment la lettre ouverte de Yann Moix à Emmanuel Macron, doivent être perçus : comme des avertissements et des mises en garde de fractions de la bourgeoisie à destination de l’ensemble de la classe dominante. Dans ce contexte, de récentes luttes radicales, comme celle de GM&S, qui a permis par ailleurs une démonstration de solidarité ouvrière non négligeable, de Tati, du Bourget et bien d’autres sont autant de signaux positifs témoignant d’une radicalité au sein de notre camp social.

Il s’agit maintenant d’ouvrir les perspectives d’un combat unitaire dans la rue, proposant par la grève l’instauration du rapport de force nécessaire pour battre en brèche les attaques que nous réservent le gouvernement et le patronat. Pour ce faire, il est indéniable qu’une pression de secteurs d’avant-garde sera indispensable, comme le proposent des initiatives tel que le « Front social » – de façon embryonnaire et pour l’heure insuffisante. Non pas pour proposer un cadre « à côté » des centrales syndicales, mais pour contraindre ces dernières, par le poids de la base, à délaisser les velléités de coopération avec le gouvernement afin de jeter toutes les forces disponibles dans la bataille.

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Mis à jour le lundi 23 octobre 2017