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Terrorisme d’Etat Bure. Un militant a eu son pied arraché par une grenade de la gendarmerie

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Mardi 15 août, une nouvelle manifestation contre le centre d’enfouissage des déchets atomiques de Bure a eu lieu, donnant lieu à des scènes qui rappellent les circonstances de la mort de Rémi Fraisse à Sivens. Un jeune homme risque de perdre ses cinq orteils à cause d’une grenade de la gendarmerie.
Bure. Un militant a eu son pied arraché par une grenade de la gendarmerie

George Waters

Une fois de plus, la gendarmerie peut se féliciter d’avoir mutilé, surement à vie, un jeune manifestant. Après la mort de Rémi Fraisse, les éborgnés de la loi-travail et les innombrables manifestants frappés, gazés et emprisonnés, la gendarmerie continue à faire ses victimes. Ici, c’est le préfet de la Meuse qui peut se féliciter d’une opération qui s’apparente presque à du terrorisme d’Etat. Le 15 août, après un week-end de festival à Bure, durant lesquels débats et spectacles avaient animés le petit village situé à 30km de Saint Dizier. Cependant, après le festival des « Bure’lesques », la manifestation de clôture a tourné au drame. En effet, une manifestation était prévue de Bure à Saudron, un petit village limitrophe où, lors de fouilles archéologiques ont été découvert des vestiges du néolithique.

La manifestation a été l’occasion d’un déchainement de violence de la part des gendarmes. Face au petit millier de manifestant, les gendarmes ont utilisé tous les moyens : lacrymogènes, grenades, et même un canon à eau, qui a été dirigé contre de jeunes enfants venus avec leurs parents. La violence était telle que les médics team, équipes de secours auto-gérées qui aident les manifestants blessés par les autorités ont vite été dépassées. « Quand on a évacué les blessés, tout à la fin, on a eu l’impression de se faire canarder. On s’est pris deux ou trois grenades de désencerclement dans les jambes. C’était tellement violent. Des personnes sautaient en l’air, comme si elles avaient marché sur une mine. Ça gueulait “médic !” de partout. Il y a eu un mouvement de panique. » explique Alice, de cette équipe à Médiapart-https://www.mediapart.fr/journal/france/170817/bure-juste-avant-que-mon-pied-saute-j-ai-vu-une-grenade-exploser-hauteur-de-tete. Le décompte des goupilles et autres restes de grenades est éloquent : les manifestants, revenus après la manifestation ont dénombré entre 15 et 30 grandes GLI-F4, quelques grenades de désencerclement, entre 30 et 80 grenades lacrymogènes MP7 et une quinzaine de balles de défenses en caoutchouc.

C’est tout cet armement, qui a causé tant de dégâts. Parmi les blessés, Robin, un jeune homme de 27 ans père de deux enfants, va peut-être perdre une partie de son pied. En fin de manifestation, alors qu’il s’apprête à partir et tourne le dos aux gendarmes, une grenade GLI-F4 arrive à ses pied et lui déchiquète le pied. Dans un communiqué-https://blogs-mediapart-fr.ezproxy.univ-paris1.fr/sauvonslaforet/blog/180817/manifestation-du-15-aout-temoignages-des-equipes-medicales-de-la-lutte-de-bure, il décrit l’horreur de la scène : « mon pied est dans un sale état, la grenade l’a creusé sur une profondeur de 3 cm et un diamètre de 13 cm, les os sont pour la plupart brisés. Certains ont même disparu, pulvérisés. La chaussure a été explosée, le plastique a fondu et s’est engouffré dans la plaie, si bien qu’une infection est probable, ce qui nécessiterait l’amputation des cinq orteils. À cela s’ajoute une trentaine d’éclats répartis dans l’autre jambe. Les gendarmes ont tiré une quinzaine de grenades assourdissantes, ils ne couraient aucun danger. Juste avant que mon pied saute, j’ai vu une grenade exploser à hauteur de tête. »

Si le décompte des manifestants donne le chiffre de 30 blessés, dont trois très gravement, les méthodes de la police font que beaucoup préfèrent ne pas se faire soigner par les pompiers ou les hôpitaux, de peur d’être ensuite retrouvés par les gendarmes. En effet, ceux n’ont pas hésité, parfois avant même que des soins soient administrés, à interroger les blessés, parfois sur leur lit d’hôpital. C’est le cas de Robin, qui a été interrogé pendant près d’1h30 par ceux qui lui ont peut être enlevé un pied.

Face à ces méthodes de la gendarmerie, qui utilise là plus la formation de soldat de ses militaires qu’autre chose, les pompiers sont mêmes vite dépassés : interrogé par Libération, Robin a expliqué que lors de sa prise en charge, « les pompiers étaient débordés et non formés pour ça. L’un d’entre eux a fait un malaise, les medics se sont occupés de lui. J’ai été blessé vers 16h30, je suis arrivé à l’hôpital vers 21 heures. Les médecins aussi n’en revenaient pas. Tout le monde a halluciné. »

Faudra-t-il un nouveau Rémi Fraisse ? Faudra-t-il un nouveau mort ? Combien de blessés doivent souffrir les mutilations que nous imposent les gendarmes et les policiers depuis quelques années ? Que ce soit en manifestation ou dans tout mouvement social, ces armes, ces fusils d’assaut, canons à eau, flashball et autres armes meurtrières ne sont pas là pour nous défendre mais bien pour meurtrir nos chairs. Face à cela, seule la proposition de désarmement de la police semble pouvoir mettre fin à ces innombrables blessés qui affluent dans les hôpitaux après chaque manifestation ou chaque piquet de grève réprimé.

Crédits photos : Jean-Philippe Tranvouez // France 3

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Mis à jour le samedi 16 décembre 2017