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Après le 12, Martinez annonce une nouvelle date de mobilisation avant le 23

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Ce n’est pas avec une journée de mobilisation que l’on obtiendra un recul de ce gouvernement sur la Loi Travail XXL. La date du 12 septembre est essentielle pour se lancer dans la bataille de la rentrée, mais il faut une suite, avant la publication des ordonnances, prévues le 22 septembre. Une nouvelle date, donc. C’est ce qu’a promis Philippe Martinez, jeudi, en fin de matinée.

Jean-Patrick Clech

Pour beaucoup, la date du 12, appelée par la CGT, Solidaires et les organisations de jeunesse, est centrale pour lancer la mobilisation nécessaire contre ce gouvernement de combat en cette rentrée. Pour nombre d’équipes syndicales, c’est aussi une date à laquelle se rallier, contre la trahison des directions syndicales qui ont fait le choix de la collaboration ou de la passivité. On ne compte plus les UD et les fédérations de FO ou de la FSU (dont la direction ne communique pas officiellement sur l’appel de mardi prochain) qui ont décidé d’appeler à la grève, le 12 septembre, que ce soit dans le privé ou dans le public.
Le 12 et après, sans attendre le 23

Ce qui est sûr également, c’est que le « débouché » du 12 ne pouvait pas être qu’une manifestation, un samedi, appelée par Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise : parce que le combat ne pourra être délégué au Parlement, aux députés opposés aux ordonnances, mais qu’il se mènera dans la rue, sur les lieux de travail et d’études, pour construire le rapport de force ; mais également parce qu’il nous faut construire, pour la mobilisation, un front uni des organisations syndicales et politiques, du monde du travail et de la jeunesse, avec une nouvelle journée de grève pour construire un mouvement dans la durée contre les ordonnances.

En ce sens, dans plusieurs secteurs, de nombreuses voix avaient commencé à poser la question de l’après-12 septembre : que ce soit à Solidaires, au sein de la Fédération de la chimie de la CGT, au niveau de la première Interorga des organisations de jeunesse de la rentrée, mais également à échelle locale, dans les Fronts Sociaux ou par exemple certaines équipes militantes enseignantes dans le 93 qui sont déjà en grève contre les choix austéritaires de ce gouvernement. Sur Public Sénat, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a donc annoncé qu’outre la journée du 12 septembre contre la réforme du droit du travail, une nouvelle date de mobilisation serait fixée, « évidemment » avant la manifestation organisée le 23 par La France insoumise ; une nouvelle date qui devrait « se décider en fin de journée [jeudi] » et devrait être annoncée vendredi.

Elargir le front contre la casse du Code du travail

Cette nouvelle date, si elle a un sens, doit servir pour que les directions de nos organisations construisent l’appel au 12 en montrant qu’elles sont résolues à donner une suite et à se donner les moyens pour stopper net ce « gouvernement de contre-réformes En Marche forcée ». Pour cela, il faut dire clairement que ce que les travailleurs et la jeunesse qui manifesteront mardi veulent, à savoir le retrait des ordonnances, on peut l’obtenir si l’on construit la mobilisation dans la durée, dès la semaine du 18 septembre, qui sera décisive.
Au-delà du retrait des ordonnances de la Loi Travail XXL, élargir nos revendications

Jusqu’à présent, le gouvernement faisait le pari d’une mobilisation isolée et sans perspective, le 12 septembre, tirant un maximum de profit de la division du front syndical à laquelle il a activement travaillé en débauchant et en organisant des rencontres secrètes avec Mailly et Berger, pour multiplier les annonces et réaffirmer sa détermination à frapper fort : vaste plan de licenciement du gouvernement au niveau des contrats aidés, réforme du bac et instauration de la sélection à l’université, modification du statut des fonctionnaires, avec des « discussions » qui commencent dès jeudi, sous la houlette de Darmain, sur fond de gel du point d’indice, de restauration de la journée de carence et de hausse de la CSG.
C’est bien pour cela également que les revendications que nous devons imposer à nos organisations, pour qu’elles décident d’un véritable calendrier pour construire le rapport de force, devraient également poser la question
Du maintien des contrats aidés et leur titularisation, à terme, au sein de la fonction publique territoriale ou d’Etat, contre la précarité imposée dans le public
Du recul du gouvernement sur la réforme du bac, sur la question de la sélection à l’entrée de l’université, et les multiples réformes dans les tuyaux, à commencer par celle du Lycée
De l’arrêt des attaques contre la fonction publique, à commencer par le dégel du point d’indice et l’abolition de la journée de carence

Loin de diluer le combat, ce serait le meilleur moyen de le renforcer, à la fois contre cette Loi Travail XXL mais également contre la Loi El Khomri, votée par les socialistes lorsqu’ils étaient au gouvernement, avec Macron ministre de Hollande.
Oui, il y a bel et bien plusieurs sources d’embrasement, M. le Président

L’exécutif a ouvert plusieurs fronts à la fois, en espérant tirer profit d’un 12 isolé, dans le calendrier de la rentrée, avant la publication des ordonnances. C’était sans compter les dernières évolutions.

Comme le souligne Le Canard Enchaîné de ce mercredi, Macron rappelait en effet à ses proches, en début de semaine, qu’il fallait « faire attention car il peut y avoir des sources multiples d’embrasement ». En effet, elles sont nombreuses, en plus de cette Loi Travail XXL qui facilite de licenciements, rabaisse leur coût en plafonnement les indemnités prudhommales, renforce l’arbitraire patronal en entreprise et instaure la logique du « marche ou crève » dans les ateliers et les bureaux.

C’est bien pour cela qu’il nous faut imposer, dans nos AG, en réunion syndicale, un véritable front uni de nos organisations syndicales et politiques du monde du travail et de la jeunesse, le 12 et pour la suite, afin d’imposer le retrait des ordonnances et la logique austéritaire et de casse de nos droits et de nos acquis qui va avec.

« On vaut mieux que ça », scandaient les manifestants au cours du printemps 2016. Ça continue à être vrai, et il va falloir que ce gouvernement le comprenne !

[Crédit photo : Public Sénat - AFP]

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Mis à jour le samedi 18 novembre 2017