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Emmanuel MACRON ET L’AGRICULTURE : DÉMAGOGIE SANS CHANGEMENT DE CAP !

Avant même la fin de l’opération d’enfumage constituée par les Etats généraux de l’alimentation, le président de la République a prononcé le 11 octobre un long discours sur le carreau de Rungis pour exposer sa conception d’une nouvelle politique agricole. Le plus surprenant est sans doute l’accueil plutôt favorable, venant d’organisations aussi différentes que la Confédération Paysanne et la Coordination Rurale, à cette déclaration de bonnes intentions, même si le satisfecit est tempéré de scepticisme quant à la mise en œuvre effective des mesures préconisées. Ainsi le secrétaire général de la Conf’, interrogé par Reporterre (1) : « Une loi pour que les producteurs soient mieux rémunérés est une de nos demandes fortes. Nous portons depuis longtemps le fait qu’il faut une prise en main politique de l’agriculture et un changement de modèle. Dans son discours, Emmanuel Macron a donc utilisé des mots qui résonnent fortement à nos oreilles ».

Aucun dirigeant politique ne revendique un système qui empêche les agriculteurs de vivre de leur travail et le discours présidentiel n’a rien de révolutionnaire, pas plus que les propos convenus sur la qualité et les bonnes pratiques. Mais quelle est la réponse réelle à l’exigence de prix rémunérateurs, c’est-à-dire couvrant les coûts de production et assurant un revenu décent aux agriculteurs, exigence qui était au centre des manifestations des éleveurs de porcs et des producteurs de lait ? Confrontés à la baisse des prix qui conduisaient beaucoup d’entre eux à la faillite, les producteurs avaient ciblé à juste titre la responsabilité des industriels transformateurs et de la grande distribution. Le ministre de l’agriculture avait répondu par un saupoudrage d’aides et la FNSEA avait sifflé la fin de la partie. Quant à la contractualisation, les principaux acteurs de la filière porcine avaient refusé la mise en place d’un prix plancher et le ministre s’était incliné.

Car s’il y a lieu d’être sceptique sur la prise en compte des prix de revient dans les futurs contrats comme sur les conséquences de la « restructuration des filières » toutes les déclarations de bonnes intentions sont contradictoires avec la volonté, jamais remise en cause, d’assurer la compétitivité de « la ferme France », notamment à l’exportation, ce « pétrole vert » plus bénéficiaire que les ventes d’Airbus. Pour assurer le succès de cette « vocation exportatrice » il faut baisser les prix, continuer sur la voie de la concentration des exploitations agricoles et des entreprises agro-alimentaires, pressurer les paysans comme les salariés, accentuer un productivisme destructeur. Au mieux ce modèle désastreux peut s’accommoder d’un secteur bio, respectueux de la santé et de l’environnement, assurant une alimentation saine et savoureuse sur des marchés de niche. Pas de quoi s’enthousiasmer pour Emmanuel Macron, dont la politique concrète n’ira pas au-delà.

Gérard Florenson.

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Mis à jour le samedi 16 décembre 2017