Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Logo du site

Accueil > Communiqués, conférences, réunions > NPA 09 > BÉNÉDICTE TAURINE, députée ariégeoise, INTERPELLE M. HULOT !

BÉNÉDICTE TAURINE, députée ariégeoise, INTERPELLE M. HULOT !

Bénédicte Taurine, députée et son suppléant, Marcel Lopez, refusent le prélèvement d’eau du Touyre pour alimenter le lac de Montbel et sont favorables à une autre agriculture ainsi qu’à une autre utilisation de l’argent public.
Nous publions la lettre de Bénédicte Taurine à M. le ministre Nicolas Hulot.

Mme Bénédicte Taurine attire l’attention de M. le ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire sur la conférence de presse du 7 novembre sur le projet porté par le Conseil Départemental de l’Ariège visant à « Sécuriser » et augmenter la capacité de stockage de Montbel par prélèvement sur le Touyre.

Les APNE et collectifs citoyens, ont apporté une réponse sur l’urgence d’impulser une réflexion globale pour la reconquête de milieux aquatiques de qualité qui, sans exclure l’optimisation des ouvrages existants, passe par un moratoire sur toute politique de stockage ou d’équipement supplémentaire sur nos cours d’eau.
Les associations ont fermement noté que le barrage de Montbel n’est pas un barrage destiné au soutien d’étiage comme cela est régulièrement présenté. Comme toutes les retenues de substitution, elle sert à compenser les prélèvements agricoles d’irrigation. Lesquels prélèvements sont massivement faits dans les mois d’été et représentent 80% de l’utilisation de l’eau dans ces périodes sensibles. Pour preuve, sur les 70 à 75 millions de m3 transitant dans Montbel, seuls 7 millions sont destinés au réel soutien d’étiage à partir de septembre.
En stockant et détournant de l’eau, les retenues modifient la répartition naturelle et les chemins des flux d’eau et de matières transportées. Elles influencent ainsi les régimes d’écoulement, le transfert de sédiments, de nutriments, de contaminants et modifient la continuité des cours d’eau pour les organismes.
Apparue dans les années 60 en France, la culture intensive est un système de production agricole fondé sur l’optimisation de la production par rapport à la surface cultivée. Cette méthode repose sur une mécanisation poussée ainsi que de l’usage d’engrais chimiques, de pesticides, de fongicides et d’herbicides afin de maximiser la production.

Monsieur le Ministre :

La crise climatique et la transition écologique nécessitent de toute urgence d’aller vers des pratiques agricoles plus économes en eau.
- Aussi, est-il toujours pertinent de financer la création de ces retenues sur fonds publics ?
- N’est-il pas à craindre que la construction de ces nouvelles réserves incite encore, à grand frais, au développement de cultures consommatrices d’eau et gèle l’évolution des systèmes vers des pratiques agricoles plus économes ?
- En outre, dès l’instant où la collectivité finance, ne devrait-elle pas pouvoir imposer des critères d’attribution, comme par exemple des cultures moins impactantes ou la suppression des intrants ?

Nous pensons qu’il faut une réforme en profondeur des pratiques agricoles.

Les alternatives existent : il faut diversifier les cultures, réhabiliter le sorgho, la luzerne et les céréales d’hiver, arbitrer entre productivité maximale et sécurité des exploitations.
L’État et les collectivités doivent aider à la structuration de filières économiques alternatives, y compris des activités touristiques : pêche – cabotage – baignade…
C’est cette politique d’intérêt général que doit financer l’argent public !
Soyons attentifs à ne pas reproduire « de nouveaux Sivens » où l’ombre du décès tragique de Rémi Fraisse, plane toujours au-dessus des projets de stockage d’eau. Les tensions avec le monde agricole restent très palpables.

SPIP 3.2.0 [23778] | Squelette BeeSpip v.

Mis à jour le samedi 2 décembre 2017