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Pour en finir avec la ZAD, le gouvernement se prépare à envoyer l’armée

http://www.revolutionpermanente.fr/Notre-Dame-des-Landes-le-gouvernement-veut-en-finir-avec-la-ZAD-quoiqu-il-arrive

Dans l’attente d’une décision concernant la construction ou non d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement a révélé vouloir évacuer la ZAD. Au cas où le projet d’aéroport serait abandonné par les autorités, le gouvernement envisage un projet similaire à celui réalisé au Larzac dans les années 1980. Mais le gouvernement a également déclaré à plusieurs reprises se préparer à l’usage de la violence.

Cléo Rivierre Crédits photos : JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Ce vendredi 5 janvier s’ouvrent d’énièmes consultations au sujet du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Édouard Philippe reçoit différent élus, et une décision devra être prise quant à la construction ou non de cet aéroport d’ici la fin du mois. Quelque soit la décision, le gouvernement prépare la fin de l’occupation de la ZAD, dont la majorité du terrain est aujourd’hui légalement propriété de l’État.

Afin d’éviter une répétition de l’opération calamiteuse de 2012 ou encore un scénario à la Sivens (Gérard Collomb avait d’ailleurs déclarer vouloir « éviter qu’il y ait des morts »), le gouvernement envisage de s’inspirer de l’exemple du Larzac, comme révélé par Europe 1. En 1981, après l’abandon du projet d’extension du camp militaire dans le Larzac qui menaçait 14 000 hectares de terres agricoles, des milliers d’hectares de terrain se retrouvent propriété de l’État. Les paysans et les militants de la zone arrivent à imposer un projet qui leur permette de rester sur ces terres : la mise à disposition des terres par l’État à travers une Société Civile des Terres du Larzac. C’est donc les agriculteurs qui s’occupent de la gestion de ces terres.

Ce scénario, applicable seulement si l’aéroport est abandonné, peut s’apparenter à une solution « pacifique ». Mais José Bové, figure du Larzac et consulté au sujet de Notre-Dame-des-Landes, a pointé une différence de contexte : « sur le plateau du Larzac, l’hiver était très froid et durait pas loin de six mois. À l’époque on ne parlait pas de zadistes mais de squatteurs, et tout le monde ou presque était là pour une bonne raison, avec une activité. Il y avait des militants, mais ils ne venaient que pour les rassemblements. » Ainsi, la question du traitement des militants politiques n’ayant pas d’activité agricole se pose. De plus, le Premier ministre a déclaré : « quelle que soit la décision que nous prendrons, il y aura une composante d’ordre public ». Comprendre : l’usage de la violence est considéré comme nécessaire, et elle sera plus que conséquente. En effet, alors que les services de renseignements estiment à 150 le nombre de résidents permanents, l’exécutif a prévu de faire appel à l’armée et à près de 1500 militaires et gendarmes, soit un militaire pour dix personnes… Loin de préparer une évacuation « pacifique », c’est une guerre civile locale que prépare le gouvernement, à grand renfort de drones et autres équipements d’espionnage.

Si le délogement des zadistes de NDDL est maintenant une question sensible depuis plusieurs mois, et ce bien avant l’élection de Macron, le calendrier de cette annonce est révélateur : alors que le président remonte dans les sondages, et que la séquence d’opposition contre la loi travail XXL est terminée, l’exécutif pense avoir les mains libres pour « régler le problème » des opposants de Nantes. Dernière cette volonté d’accélérer la répression contre les militants zadistes, il y a aussi la volonté de leur infliger une défaite politique (et militaire), destinée surtout à démoraliser les zadistes et leurs soutiens nantais, très actifs durant le mouvement contre la loi El Khomri comme durant la loi travail XXL.

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Mis à jour le samedi 30 juin 2018