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Macron déclare la guerre aux cheminotEs… comme à l’ensemble du monde du travail

Des cheminotEs de différents services n’ont pas tardé à imprimer les 120 pages du rapport de Jean-Cyril Spinetta – un fossoyeur du service public de 75 ans, passé par Areva et Air France. Mais pas de scoop dans ce pavé ! Juste un condensé des rêves d’attaques contre les cheminotEs et le service public des gouvernements passés et actuel, au service des milieux financiers. En somme le programme de Macron. La copie des brochures d’« En marche », du Medef et des séminaires de Pépy, l’inamovible patron de la SNCF !

Suppressions de postes accélérées, casse du statut pour permettre les licenciements collectifs, transformation de la SNCF en « société anonyme » – statut d’entreprise privée dont on sait ce qu’il a fait de la poste, EDF ou feu GDF, transfert de cheminotEs à d’autres sociétés privées, augmentation des tarifs pour les usagerEs, fermetures des lignes « peu rentables », filialisation du fret… Le rapport Spinetta ressemble au plan Juppé, 23 ans après son retrait grâce à la grève de 1995.

Augmentation des tarifs et fermetures de lignes

Le gouvernement n’a pas tardé à en assurer le service après-vente : l’exécutif appuie le rapport Spinetta, il sera « courageux », il tiendra tête aux syndicats. Bref, la Macronie déclare la guerre aux cheminotEs. À peine sifflés, les chiens de garde médiatiques aux mains de grands groupes du CAC 40, ont accouru et joué leur partition sur les « privilégiés ». Pas sûr qu’ils en fassent le tube de l’été… Car les usagerEs, eux-mêmes le plus souvent salariéEs, exploitéEs, licenciéEs, sous-payéEs, commencent à se trouver plus de points communs avec la vendeuse de billets derrière son guichet qu’avec les députés qui dénoncent ses prétendus avantages indécents.

D’autant que Spinetta vend carrément la mèche : tout en défendant la privatisation, il en anticipe les conséquences en annonçant l’augmentation des tarifs et des fermetures de lignes. Selon Castaner, « le service public a un coût différent selon les territoires. » Alors au nom de la lutte contre l’enclavement des banlieues populaires ou des zones rurales, on remettrait au goût du jour le principe de péréquation ? Non, en Macronie, on ferme les lignes les moins rentables et on pousse les pauvres dans les cars Macron. Et bonjour l’impact écologique de favoriser la route par rapport au rail ! Le meilleur tract du NPA n’aurait pas fait mieux pour convaincre les usagerEs qu’ils ont les mêmes ennemis – haut placés – et les mêmes intérêts que les cheminotEs.

CheminotEs sacrifiés

Mais c’est surtout dans leur condition commune de salariéEs que le sort des cheminotEs est lié à celui des usagerEs. Car toutes les mesures du rapport Spinetta et tous les prétextes qui les justifient, une fois traduits dans le langage courant, apparaîtront étonnamment familiers à tous les travailleurEs. Il faudrait que les cheminotEs acceptent tous les sacrifices au nom de l’arrivée de la « concurrence », prétendument « imposée par l’Union européenne ». En réalité, celle-ci a été préparée par tous les gouvernements depuis 20 ans et par la direction de la SNCF qui exploite déjà un certain nombre de trains régionaux en Allemagne – marchés piqués à la Deutsche Bahn (DB). Le fret est « ouvert » depuis 2003. Résultat, les seuls « concurrents » sont la DB et des filiales de la SNCF. Mais le trafic a été divisé par deux et reporté sur la route. Seuls les travailleurEs sont mis en concurrence, au plus grand profit des exploiteurs !

La SNCF verse 1,7 milliard d’euros chaque année aux banques pour payer les intérêts de la dette ferroviaire – même pas pour la rembourser. C’est l’équivalent du salaire annuel, cotisations patronales comprises, de 50 000 cheminotEs. Mais c’est au nom de cette dette de 50 milliards, accumulée sur 50 ans, que le gouvernement voudrait que les cheminotEs se serrent la ceinture ? Ce même gouvernement qui vient de s’engager à dépenser 300 milliards pour l’armée dans les 7 prochaines années ?

Face à une logique d’ensemble, une riposte d’ensemble !

La logique du gouvernement est la même partout, que ce soit dans les transports, dans l’éducation, dans la santé ou dans le privé. C’est une offensive anti-ouvrière et antisociale.

Parmi les cheminotEs, la publication du rapport a fait l’effet d’une bombe. Dès le lendemain, le mot « grève » était sur bien des lèvres, même dans des services habituellement peu combatifs. Les réactions des directions syndicales ont été, disons, moins vives. En témoigne leur choix de participer aux « concertations » bidons prévues cette semaine. Le rapport Spinetta a pourtant le mérite de la clarté : 120 pages d’attaques non voilées qu’il faut repousser. Heureusement, les occasions de lancer la riposte ne vont pas manquer dans les semaines à venir.

Le 22 mars, les cheminotEs sont appelés à manifester à Paris. Ce même jour, les jeunes, les travailleurEs de l’éducation, des hôpitaux et de toute la fonction publique sont appelés à la grève. Une journée ne sera pas suffisante pour faire reculer le gouvernement. Mais on peut espérer que le 22 mars soit l’occasion d’une forte démonstration de colère et de force collective contre le président des riches. Un atout pour préparer les suites.

Correspondants

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Mis à jour le samedi 23 juin 2018