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26 mai : suite... et pas fin ?

Crédit Photo : Photothèque Rouge/JMB.

On le savait, les manifestations de samedi dernier étaient importantes pour la mobilisation actuelle. Malgré une grève qui dure, très dure, à la SNCF, l’extension n’est à cette heure pas au rendez-vous. Et la réussite du 26 devait permettre de rebooster le mouvement, en donnant confiance aux grévistes, au mouvement social, à toute la gauche sociale et politique...

Fruit d’un travail commun assez inédit – on ne le dira jamais assez – entre 80 syndicats, -associations, et partis politiques (dont bien évidemment le nôtre), les forces motrices du rassemblement avaient placé la barre assez haut : faire naître à -l’occasion de ce 26 mai une véritable « marée populaire » anti-Macron dans -l’ensemble du pays.

50 nuances de rouge...

À la lumière de cette ambition, le bilan mérite d’être discuté de façon nuancée. Si l’on écarte les arguments chiffrés grossiers à charge dont nous abreuvent les macronistes de tout poil et leurs relais médiatiques – ainsi de la comparaison des chiffres de la manif parisienne avec celle du 5 mai, la « fête à Macron », qui était une manifestation nationale avec montée à Paris... –, le pari a pour partie été réussi. Un travail d’organisation inhabituel qui a fait agir ensemble un large secteur du mouvement ouvrier, près d’une centaine de manifestations sur l’ensemble du territoire, et des chiffres de participation dont on n’a pas à rougir, au vu en particulier du court temps de préparation (deux semaines) et de la séquence dans laquelle s’inscrit cette journée.

Ce dernier aspect est d’ailleurs une des limites qui ont marqué ce 26 mai, arrivé trop tardivement pour jouer pleinement le rôle de catalyseur du mouvement, pour permettre cette « coagulation » que craint tant le pouvoir, le niveau de participation (80 000 dans la capitale, et 200 000 de plus sur l’ensemble du territoire) et le visage de ces cortèges en aura été l’illustration. Pas de vagues populaires massives de manifestantEs, une structuration assez traditionnelle des cortèges, essentiellement autour des syndicats et des partis, avec un rapport de forces syndicats/partis plus important pour ces derniers, ce qui a contribué à donner souvent un visage plus politique, plus anti-gouvernemental, aux manifestations.

Pour nuancer, soulignons quand même que dans quelques endroits, des visages que l’on ne croise pas toujours dans les manifestations du mouvement social « traditionnel » sont apparus, et qu’à Paris, heureusement en bonne entente avec le cadre d’organisation, des militantEs des quartiers populaires, en particulier celles et ceux qui se battent au quotidien contre les violences policières (notamment le comité Vérité et Justice pour Adama), se sont emparés de cette date pour manifester dans un cortège de tête pour un « 26 mai pimenté »...

Franchir de nouvelles étapes

Dans ces manifestations, dans les médias, nous avons avancé l’idée que l’unité entre toutes les organisations syndicales, associatives, politiques, avec les collectifs de lutte, est non seulement nécessaire mais qu’elle est possible. Cela restera la grande force de ce samedi, qui a rompu – au moins temporairement – avec la politique des prés carrés respectifs où chacun cultive tranquillement son jardin... La route reste toutefois longue : en témoigne la prudence dont a fait preuve la direction de la confédération CGT au niveau de l’animation du processus, ou les ratés concernant une extension là aussi nécessaire et possible en direction des quartiers populaires.

Nous avons aussi porté l’idée qu’à cette « marée populaire », il reste plus que jamais nécessaire de faire succéder des « vagues de grève », à construire dans un maximum de secteurs professionnels. Après pas loin de deux mois de grève cheminote, la solidarité et l’engagement de tout le mouvement doivent s’exprimer. Après ce 26 mai, l’étape suivante devrait logiquement être une nouvelle journée de grande manifestation (peut-être nationale), mais un jour de semaine, avec donc des appels à la grève. Ainsi, la prochaine grande journée cheminote, le jeudi 7 juin, devrait apparaître dans le calendrier comme une étape incontournable visant à travailler à un nouveau rebond du mouvement actuel contre les différentes contre-réformes de Macron.

Comme l’a dit samedi dernier dans sa prise de parole Aurélie Trouvé au nom du collectif organisateur, « Le gouvernement fait la sourde oreille ? Forçons-le à nous entendre ! » Reste à nous en donner collectivement les moyens, ainsi que la volonté...

Manu Bichindaritz

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Mis à jour le samedi 20 octobre 2018