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28 juin. Une grève pour préparer les combats ou pour le compte de Martinez et de Pavageau ?

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Comme on pouvait s’y attendre, la journée du 28 n’a pas mobilisé massivement. Ce ne sont pourtant pas les motifs qui manquent, avec un président qui est passé en force sur le Code du Travail à l’automne, la contre-réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle, celle de l’assurance chômage et s’apprête à donner le coup de grâce à la SNCF. Cela ne veut pas dire non plus que les plus déterminés n’étaient pas au rendez-vous. Mais ce n’est pas avec un tel calendrier et de telles échéances, décidées par les directions de la CGT et de FO, que l’on se préparera pour gagner, demain.

Jean-Patrick ClechCrédit Photo : Révolution Permanente

Les mobilisations ont été relativement faibles, ce jeudi, même si les noyaux durs, notamment dans le rail et l’énergie, étaient bien présents, dans la rue. Néanmoins, les manifestations n’ont pas fait carton-plein, loin de là. Que faut-il en conclure ? Que Macron est très fort ? Non. Il continue à taper dans le tas, en multipliant les points d’affrontement, c’est sûr. Au niveau des sondages, néanmoins, et des enquêtes, il est à la baisse, sans avoir pu retourner l’opinion contre la grève la plus emblématique du moment, celle des cheminots, qui continuent à être soutenue par une grosse minorité de travailleurs, actifs ou pas, et de jeunes.

Faut-il en conclure que les travailleurs ont déposé les armes ? Non plus, même si les éditorialistes répètent à l’envi que la « stratégie de la grève » est désormais « perdante » et ne « mène à rien », et qu’on ne peut plus rejouer ni 1995, ni 2006, lorsque nous avions fait reculer Juppé et Villepin. Mais sans doute faut-il faire une différence entre « les travailleurs » et les directions syndicales nationales.

Du côté de la direction de la CGT, après avoir validé la stratégie désastreuse de la grève perlée dans le rail, alors que l’envie d’en découdre était palpable, et continue à l’être, la centrale de Montreuil a progressivement accompagné le déclin de la mobilisation, plutôt que d’en être le fer-de-lance. Au final, ce qui a été proposé, c’était la version 2018 des grèves et des journées d’action saute-mouton déjà pratiqués en 2010 contre Sarkozy et en 2016 contre Hollande, là où il aurait fallu taper un grand coup, et en continu. Ne voulant se dégager de cette stratégie de grèves perlées et de journées isolées par la petite porte, voilà que la CGT a proposé et le 28, et la poursuite de la perlée. Une façon de se donner un vernis radical et jusqu’au-boutiste, alors que sa direction est loin de l’être ? Sans doute.

Toujours est-il que pour Philippe Martinez, son dirigeant, cette journée conjointe avec FO a été une façon de répondre à cette situation, mais également de se positionner par rapport à la vingtaine de structures syndicales des Hauts-de-France qui appellent à constituer une opposition de classe et combative à la ligne de Martinez, en vu du 52e Congrès cégétiste.

Côté FO, c’est aussi une façon, pour son nouveau secrétaire général, un homme issu de l’appareil et anciennement proche de Mailly, d’exhiber des galons de radicalité. On sait dans quel cadre s’est tenu le dernier Congrès de FO, où la stratégie de Mailly de négociation avec Macron a été battue en brèche par les délégués. Pavageau souhaitait donc, dans les colonnes de L’Humanité Dimanche, que la journée du 28 soit « une première étape en vue d’une mobilisation interprofessionnelle beaucoup plus large qui doit avoir lieu en septembre ». Rien à voir, donc, avec ses intérêts de boutique, semble-t-il.

Toujours est-il que si, en effet, rien n’est joué, au niveau du quinquennat, que les fronts de conflits vont aller en s’élargissant dans les mois à venir, notamment à l’automne, indépendamment de l’issue du conflit des cheminots qui n’auront pas démérité, il faudra absolument tirer des conclusions des stratégies syndicales qui ont été à l’œuvre au cours de la dernière période. Et en suivant l’exemple de l’Intergares, aller dans le sens d’un contrôle, par les grévistes eux-mêmes, syndiqués et non syndiqués, de leur lutte, du calendrier de combat et des modalités d’affrontement pour faire plier Macron. Car il faudra bien les sortir du terrain, Macron et son équipe. La phase de poules est en train de s’achever, mais il y aura d’autres matchs, et il faudra les gagner.

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Mis à jour le samedi 30 juin 2018