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Pour la justice sociale, pour dégager Macron, construisons la grève générale

Crédit Photo : CGT Isère

Au moment où nous écrivons, il est encore difficile de mesurer le retentissement de ce 5 février de grèves et manifestations, rendez-vous à l’échelle du pays et dans la rue, entre Gilets jaunes et salariéEs du public et du privé, ces derniers à l’appel de la CGT et de Solidaires.

Chez un grand nombre de Gilets jaunes qui restent opiniâtrement sur la brèche, sur des ronds-points, dans des assemblées de villes, et qui animent les manifestations du samedi qui marquent cette spectaculaire série politique et sociale (qui en arrive à son Acte XIII samedi prochain), il y a l’espoir que le 5 février marque une étape. D’ores et déjà, dans de nombreuses régions de forte mobilisation de Gilets jaunes, comme par exemple le Gard mais aussi Marseille, Toulouse, les rendez-vous « sur le bitume » sont massifs. Ainsi qu’à Paris.

Pourquoi la colère a pris la couleur du jaune

Parmi les partisans du rouge – dont nous sommes évidemment ! – certains continuent à considérer les Gilets jaunes avec quelque méfiance ; à confondre les incursions frauduleuses d’une certaine extrême droite dans des manifestations avec leur mouvement. Marine Le Pen n’est pourtant pas championne des hausses de salaires, ni du combat contre les violences policières ! Si la lutte des Gilets jaunes sort de l’ordinaire, c’est qu’elle surgit du discrédit profond qu’a fait naître chez un grand nombre de travailleurEs, chômeurEs et retraitéEs, ces dirigeants de gauche qui ont mené au gouvernement des politiques anti-ouvrières, comme ces chefs de confédérations syndicales – CFDT au premier titre mais aussi CGT à sa façon – qui se sont englués dans le « dialogue social ».

Mais les classes populaires ont gardé leurs réserves d’éléments frondeurs, combatifs, non résignés, qui ont aujourd’hui couleur du jaune fluo. Les vieux appareils rouillés ont perdu le monopole de la lutte de classe et sont dépassés aujourd’hui par des Gilets jaunes qui ont démarré sans leader, qui n’ont toujours pas de porte-parole reconnus, qui sont combattus par toutes les institutions et quasiment toutes les organisations officielles et qui, pourtant, tiennent le coup en s’organisant à la base grâce aux bras et aux cerveaux de tous ceux et toutes celles qui y participent. Il y a encore les défauts de l’improvisation dans ce manque d’organisation (et la première AG des AG de Gilets jaunes qui s’est tenue le 26 janvier à Commercy a tenté d’y remédier), mais quelque chose de salutaire néanmoins. Et si des chasubles rouges s’y joignent, tous les espoirs sont permis. Cette journée du 5 février, massive bien au-delà de ce que laissaient espérer les préparatifs mous des directions syndicales, est peut-être le signal d’une extension prometteuse du mouvement.

Macron galère...

Le samedi 2 février, acte XII, trente « gueules cassées », éborgnées par les flashballs ou amputées par les grenades des flics, ont ouvert le cortège parisien des Gilets jaunes. Un sacré contraste avec le « grand débat » bien policé en costumes-cravates et écharpes tricolores. Dans la rue, des chômeurEs, des étudiantEs, des salariéEs de petites et grandes entreprises, des auto-entrepreneurEs qui ne s’en sortent pas, des retraitéEs : notre classe. Dans les salons, au côté de médiateurs ou autres consultants appointés, des notables et des politiciens qui espèrent étouffer le mouvement sous leurs bla-bla.

Macron tente des ballons d’essai : et pourquoi pas un référendum ? Avec des questions fielleuses – du type « Souhaitez-vous un système de retraites plus équitable ? » – qui ne viseraient qu’à faire avaliser ses contre-réformes prévues de longue date. En parallèle, ses ministres haussent le ton : Castaner déchaîne ses flics en leur promettant l’impunité à mots à peine couverts ; Belloubet demande aux juges de prononcer les peines maximales ; l’Assemblée adopte la « loi anti-casseurs », en fait une loi anti-manifs, proposée par Les Républicains et votée par le Rassemblement national. À droite et extrême droite toutes !

Mais la mobilisation continue.

... face à ceux d’en bas qui ne lâchent rien

À leur façon effrontée, les Gilets jaunes tiennent tête au pouvoir des riches. Ils ont déjà ridiculisé Macron. Ils ont montré à des millions que derrière les pantins ridicules qui nous gouvernent, se cachent les puissances de l’argent, les licencieurs, les exploiteurs, qui ne connaissent pas l’impôt mais se gavent de subventions étatiques et laissent les services publics s’effondrer. Ils ont montré le coût humain du maintien de cet ordre social inégalitaire dont les seuls remparts sont les flashballs et les grenades. Enfin, en suscitant la mobilisation du ban et arrière-ban des notabilités dans un « granddébat » dont tout le monde sait d’avance qu’il ne sortira rien, le mouvement a dévoilé l’impuissance des institutions de cette république pour les riches.

Tous les samedis, et dès samedi prochain pour l’acte XIII, il faut continuer à descendre dans la rue. « Emmanuel Macron, on vient te chercher chez toi »scandent les manifestantEs. Allons aussi chercher « chez eux », y compris et surtout dans les entreprises où ils nous exploitent, la petite minorité de ceux qui profitent de la politique de Macron : les PDG type Carlos Ghosn, les actionnaires dont les dividendes battent tous les records, les managers harceleurs et surpayés, les grands propriétaires immobiliers marchands de sommeil et leur entourage de petites frappes mafieuses à la Benalla.

II s’agit de profiter du climat actuel, favorable aux luttes du monde du travail, pour tout mettre en œuvre afin de construire un mouvement de masse pour nos salaires, pour la justice sociale, pour en finir avec Macron et sa politique en bloquant, pour de bon, le pays et son économie.

TouTEs ensemble, oui !

Michelle Verdier

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Mis à jour le jeudi 14 février 2019