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Dans plusieurs villes européennes, les grèves de jeunes pour le climat s’intensifient

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Respecte la planète !
Dans plusieurs villes européennes, les grèves de jeunes pour le climat s’intensifient

Un mouvement tout à fait inédit commence à prendre forme à l’échelle internationale. Des milliers de jeunes participent à des « grèves pour le climat ». Si, en France, la mobilisation débute à peine, plusieurs milliers de lycéens se sont cependant rassemblés à Paris, vendredi dernier, contre le changement climatique.
Dans plusieurs villes européennes, les grèves de jeunes pour le climat s’intensifient

Léo Valadim
Photo : Grève du climat à Lausanne (Suisse) Jorge Lemos.

Le mouvement a commencé à l’initiative de la jeune activiste suédoise de 16 ans Greta Thunberg qui a fait une intervention très remarquée à la COP24, invitant les jeunes à mener des grèves de la scolarité.

Cet appel a été repris par des étudiants de quelques villes européennes dans les premières semaines de l’année 2019. En Belgique, qui est pour l’instant le pays où la mobilisation a le plus de réalité, des grèves et manifestations se sont tenues pendant plusieurs vendredis consécutifs.

Si, lors du premier appel contre le changement climatique, 3000 jeunes Bruxellois ont répondu présents, vendredi dernier ce sont 70 000 personnes qui ont manifesté dans la ville de Bruxelles. D’autres villes de Belgique se sont également jointes à la mobilisation, entraînant des milliers de jeunes de l’enseignement secondaire et supérieur dans tout le pays. Le phénomène s’est également étendu – même si c’est à une échelle moindre – dans d’autres pays, comme la Suisse, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, ainsi qu’en dehors du continent européen, à l’image des milliers de manifestants qui ont défilé en Australie.

En France, le dernier rassemblement a réuni quelques milliers de jeunes, et de plus en plus de voix s’associent pour appeler à une grosse journée d’action le vendredi 15 mars, comme celles de ces 300 chercheurs qui appellent à se mobiliser pour cette journée internationale de grève.

Dans toutes les manifestations se ressent le fait que cette nouvelle génération qui se met en mouvement commence à réaliser que ce système n’a rien d’autre à offrir que la destruction de la nature, l’oppression et l’exploitation, à l’image du slogan désormais répandu « changeons le système, pas le climat ». Greta Thunberg exprimait également ce sentiment dans son discours à la COP 24 où elle affirmait : « Ce sont les souffrances du plus grand nombre qui paient pour le luxe du plus petit nombre. Et si les solutions au sein du système sont impossibles à trouver, nous devrions peut-être changer le système lui-même. »

Si ces mobilisations démontrent la sensibilité importante d’une fraction considérable des jeunes aux problèmes profonds qui affectent le monde, elles témoignent aussi d’une radicalité nouvelle. La mobilisation prend des formes nouvelles, tant sur le fond que dans la forme, de par son caractère international et ses méthodes de « grève de la scolarité ». Comme l’ont souligné beaucoup d’observateurs, elles sont symptomatiques de « l’échec des institutions », qui n’ont cessé de démontrer qu’elles ne pourraient aucunement offrir de solutions à la crise climatique. L’institutionnalisation des mouvements écologistes durant ces dernières décennies, au nom du pragmatisme et de la « real politik » s’est non seulement retrouvée impuissante face à l’immense machine capitaliste, mais a, de surcroît, contribué à l’illusion d’un « capitalisme vert » qui paraît aujourd’hui dérisoire face à des problématiques écologiques et sociales qui se sont aggravées de manière exponentielle.

Symptôme assez significatif. Lorsque les jeunes parisiens se sont mobilisés vendredi dernier, ils ont hué le secrétaire d’État à l’écologie alors que le ministre de Rugy feignait d’accueillir positivement la mobilisation, et ce malgré le discours hypocritement « vert » de la macronie.

Si pour l’instant le personnel politique et les grands médias font mine d’accueillir avec bienveillance ces mobilisations, louant la « prise de conscience citoyenne » de ces jeunes, ils espèrent éviter la radicalisation de la mobilisation. En effet, si le mouvement reste gazeux et avec peu de clarté sur ses objectifs, une chose est claire : ce ne sont pas les « responsabilités individuelles » qui sont visées (comme nous le répètent à longueur de journée les discours écolo-libéraux) mais les institutions et les grandes entreprises, qui non seulement n’agissent pas pour arrêter la crise écologique mais surtout en sont largement responsables. De même, elles sont responsables de la situation de précarité et d’incertitude concernant le futur de cette nouvelle génération, qui voit depuis des années s’ériger des cordons de CRS face à ses aspirations sociales, économiques, démocratiques et politiques, à l’image du printemps 2016 et des mobilisations lycéennes de 2018.

Cette génération commence à comprendre qu’il n’y aura pas d’issue pour la majorité de la population dans le cadre de la société capitaliste, et que face au péril qui menace la planète et les conditions de vies de millions de personnes, il ne va pas falloir compter sur les institutions, mais sur notre propre force et notre radicalité. Il va falloir se mobiliser en toute indépendance de l’État et des partis et organisations du régime, pour affronter les grandes multinationales capitalistes qui ravagent la planète terre et exploitent la majorité de la population, pour le profit de quelques-uns.

« En 2050 vous serez morts, pas nous ! ». Le slogan scandé par les jeunes parisiens est clair : la jeunesse a la responsabilité de bousculer la résignation des générations précédentes, à l’image de la démonstration faite par les gilets jaunes. Ces derniers ont montré qu’ils pouvaient faire trembler Jupiter et les puissants, en sortant de la routine et en unissant massivement leurs forces dans la rue, par des méthodes radicales.

Les enjeux sont de taille. La possibilité d’un futur qui ne soit pas fait de barbarie, de guerres et de crises climatiques repose entre les mains des jeunes, des travailleurs et des opprimés de la société, les seuls qui n’ont rien à perdre de ce système tant l’avenir qu’on leur promet est sombre. Une société qui se développe en harmonie avec l’environnement est possible, débarrassée de l’oppression et de l’exploitation, en mettant les avancées technologiques et scientifiques au service de la majorité, quand celles-ci sont aujourd’hui exclusivement utilisées pour engraisser les industries qui en profitent, sur le dos de l’humanité et de la nature, au mépris de tout intérêt collectif.

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Mis à jour le samedi 13 avril 2019