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Face à la politique du fric et de la matraque, urgence sociale et démocratique

L’Acte 19 des Gilets jaunes restera marqué par les images d’une militante niçoise d’ATTAC, Geneviève Legay, 73 ans, violemment chargée par la police et grièvement blessée alors qu’elle manifestait pacifiquement, le drapeau de la paix à l’épaule. C’est tout un symbole, celui de la répression aveugle du gouvernement Macron-Philippe contre le mouvement des Gilets jaunes qui continue encore et toujours à lutter pour la justice sociale et les droits démocratiques.

Quatre mois après le premier week-end de mobilisation, le mouvement des Gilets jaunes continue d’être un fait politique et social majeur. Contrairement à ce que Macron et les siens espéraient lors du lancement du « Grand débat », la contestation n’a pas cessé et, selon les dernières enquêtes d’opinion, les Gilets jaunes continuent d’être soutenus majoritairement dans la population, avec des niveaux de soutien très élevés dans les classes populaires. Les campagnes de dénigrement et la focalisation politico-­médiatique sur les « violences » n’ont pas suffi : les revendications pour plus de démocratie, pour plus de justice sociale et fiscale, pour l’augmentation des salaires et des revenus, etc., recueillent l’adhésion de la majorité de la population, ce qui confirme le caractère minoritaire du pouvoir et de ses politiques.

Confirmation de l’échec du Grand débat

Le « Grand débat » et la propagande gouvernementale auront essentiellement servi à ressouder une partie de la base électorale de Macron et à lui faire gagner des soutiens sur sa droite, comme l’indiquent l’ensemble des enquêtes d’opinion. Une étude du Cevipof sur les participantEs à 240 débats locaux confirme cette tendance : 55 % d’hommes, moyenne d’âge 60 ans, 64 % de diplôméEs du supérieur, 75 % de propriétaires. Soit une sociologie marquée, à mi-chemin entre les électorats de Macron et de Fillon, et très éloignée des catégories les plus investies dans le mouvement des Gilets jaunes, qui indique que ces dernierEs, si ils et elles n’ont pas collectivement appelé au boycott des initiatives du « Grand débat », ne s’en sont pas saisis, maintenant le cap d’une mobilisation extra-institutionnelle et d’une défiance à l’égard du pouvoir.

Le macronisme, un autoritarisme sans précédent

Les médias dominants en parlent peu, mais il est désormais avéré que Macron et son gouvernement ont pris un tournant autoritaire sans précédent : utilisation de l’armée pour le maintien de l’ordre, adoption de la loi dite « anticasseurs » qui remet en cause le droit de manifester, arrestations préventives décidées par le préfet, utilisation d’armes « à létalité réduite » contre des milliers de manifestantEs…

Depuis le début de la mobilisation des Gilets jaunes, 8 700 personnes ont été placées en garde à vue, 2 000 ont été condamnées, dont 800 à des peines de prison ferme. Près de 1 800 sont en attente de leur jugement. Par ailleurs, depuis le mois de novembre, les violences policières ont tué une personne – ­Zineb ­Redouane, 80 ans, touchée au ­visage par une grenade lacrymogène à Marseille – et blessé des milliers d’autres, dont au moins 222 blessées à la tête, 22 éborgnées et cinq qui ont vu leur main arrachée.

Pour défendre nos libertés, unité contre les violences policières

Face à la répression, les initiatives se multiplient (voir page 4) et il y a urgence à lancer une vaste campagne unitaire pour dénoncer cette politique et imposer :

– une amnistie générale et sans condition pour toutes les Gilets jaunes victimes de la répression policière et judiciaire exercée par le gouvernement Macron ;
– l’abandon et l’interdiction de toutes les armes dites non létales mais dont l’utilisation conduit à des mutilations ou à des morts, telles que les flashballs et les grenades de désencerclement ;
– que la lumière soit totalement faite sur les chaînes de commandement responsables des violences policières ayant abouti à des ­blessures de manifestantEs ;
– le retrait de la loi dite « anti­casseurs » qui est une remise en cause totale du droit de manifester.

Construisons un grand mouvement d’ensemble

Samedi dernier, malgré les menaces de répression du gouvernement, nous étions plus nombreuses et nombreux dans la rue que la semaine précédente. Et le mouvement des Gilets jaunes reste soutenu par une majorité de la population. Après la journée de grève et de manifestation du mardi 19 mars, dans beaucoup d’entreprises ou de services publics (comme dans le secteur de l’éducation nationale), des grèves locales se multiplient contre la casse sociale, pour de meilleures conditions de vie. En particulier, c’est d’une hausse générale de tous les revenus dont nous avons besoin, pour une augmentation des salaires de 300 euros. Un minimum pour vivre dignement !

Dans la jeunesse, une nouvelle génération se lève pour la justice climatique, remettant en cause le capitalisme et son productivisme. En Algérie, c’est tout un peuple qui se mobilise pour dégager le système. Ces mobilisations montrent qu’en ce début de printemps, la perspective doit demeurer la construction d’un grand mouvement d’ensemble des travailleurEs et des jeunes : des grèves, des blocages, des manifestations, pour mettre en échec Macron, son gouvernement et le patronat.

S.P. et J.S.

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Mis à jour le dimanche 16 juin 2019