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Les frontières, notre allié ?

Jamais en panne d’imbécilités, Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national a déclaré le 7 avril : « le meilleur allié de l’écologie, c’est la frontière ». Comme si les poussières issues de l’explosion de Tchernobyl s’étaient arrêtées aux frontières françaises, ainsi que cela avait été annoncé lors d’un journal télévisé à l’époque. Comme si les questions écologiques les plus cruciales ne nous rappelaient pas en permanence l’unicité de l’humanité.

Certes, il n’y a pas d’égalité devant les conséquences des pollutions mais, partout dans le monde, ce sont les riches qui sont le plus protégés et ce sont les pauvres, les travailleurEs, les petitEs paysanEs qui sont les plus exposés. Les esprits bourgeois les plus lucides sont d’ailleurs conscients de la nécessité d’actions internationales pour sauvegarder la planète : c’est ce qui explique des accords comme celui de la COP 21, même si ensuite, la plupart des États ne les mettent pas vraiment en œuvre.

Le problème, c’est que par les temps qui courent, de nombreux politiciens, au-delà des frontières de l’extrême droite et sans être aussi caricaturaux que Bardella, sont tentés de susurrer la petite musique sur la frontière qui serait aussi « le meilleur allié » des travailleurEs, des paysans, etc.

En fait, frontières ou pas, les classes dominantes exploitent et épuisent, comme l’écrivait déjà Marx, « les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travail ». Frontières ou pas, dans la phase actuelle du capitalisme, les bourgeoisies mènent les mêmes politiques néolibérales à courte vue.

Laisser entendre que, dans un monde livré à l’anarchie capitaliste, les frontières seraient une sauvegarde, c’est propager une illusion. Le seul moyen de limiter les impacts de cette anarchie est la lutte sociale. Des frontières économiques ne pourraient avoir une utilité temporaire que pour protéger du marché mondial capitaliste une expérience de transition vers le socialisme. Mais, même dans ce cadre, elles seraient impuissantes face aux risques écologiques les plus graves qui ont tous une dimension qui transcende ces frontières. L’internationalisme est bien un pilier nécessaire du combat écologique.

Henri Wilno

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Mis à jour le lundi 15 avril 2019