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De nouveaux services d’urgences en grève partout en France : le mouvement s’étend !

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Initié par les urgentistes de l’hôpital Saint Antoine à Paris le 18 mars dernier, le mouvement de grève des services d’accueil des urgences (SAU) gagne du terrain. Rejoint par de nombreux autres SAU, d’abord à Paris puis à travers la France, la grève s’étend ce vendredi au centre hospitalier de Chalon-sur-Saône.

Gabriella Manouchki

Crédits photo : © AFP / Damien Meyer

Malgré tous les obstacles opposés aux travailleurs et aux travailleuses à travers la casse du droit du travail et la répression, les grèves sont de plus en plus fréquentes ces dernières années dans le secteur de la santé publique. Et pour cause : ce dernier, pourtant vital pour chacune et chacun d’entre nous, se trouve en première ligne des attaques du gouvernement - touché de plein fouet par les coupes budgétaires, les suppressions de postes et la mise en concurrence des membres du personnel entre eux et vis-à_vis du secteur privé. On se souvient notamment de la grève du service des urgences psychiatriques de Toulouse lancée en février dernier, où l’organisation et la détermination des grévistes dans le contexte du mouvement des Gilets jaunes - qui s’étaient d’ailleurs mobilisés à leurs côtés - avait permis une victoire concernant les principales revendications, avec notamment la création de nouveaux postes. C’est donc dans le contexte général de profonde remise en question des politiques anti-sociales portées par Macron et son monde, dans le secteur de la santé et bien au-delà, que s’inscrit l’actuel mouvement de grève dans les services d’urgence.

Face à la précarisation toujours plus grande de leurs conditions de travail, au détriment de leurs vies et de celles de leurs patients, des travailleuses et des travailleurs « paramédicaux » (infirmier.e.s, aides-soignant.es, etc..) de l’hôpital de Saint-Antoine se sont mis en grève le 18 mars dernier et ont rapidement été rejoints par ceux de 16 hôpitaux de Paris (AP-HP). Au cours des deux dernières semaines, le mouvement s’est élargi aux SAU des hôpitaux de Valence, Creil, Strasbourg, Croix-Rousse, Nantes, Mantes-la-Jolie, Angers et Mulhouse. Alors que des préavis de grève ont été déposés par les syndicats dans d’autres SAU à Paris ou encore à Aix-en-Provence, le mouvement s’organise. Un collectif de travailleurs urgentistes paramédicaux en lutte appelé « l’Inter-Urgences » a été créé pour mener des actions et fédérer les grévistes des différents établissements.

Ce vendredi, selon Info Chalon, la totalité des travailleurs et travailleuses des urgences du centre hospitalier du Chalon-sur-Saône se sont déclarés en grève illimitée. Soutenue par les syndicats CGT et FO, la grève a émergé spontanément en réaction au manque de moyens et au sentiment croissant d’être traités comme « des ajustements variables des politiques de santé ». Les grévistes sont pour beaucoup non-syndiqués, d’après leurs portes-paroles : « C’est un combat inhabituel pour nous, on débute mais c’est pour dire le sentiment qui nous anime ».

Leurs revendications, dont les principales sont communes aux différents SAU en grève, sont aujourd’hui les suivantes : deux postes d’aides-soignants par jour et par nuit avec des postes non requalifiés, le remplacement systématique de tous les arrêts maladies, le paiement des heures supplémentaires réalisées par les agents, la création d’un poste d’astreinte infirmier adaptable en fonction de l’activité, la reconnaissance de la spécificité du travail aux urgences par une revalorisation financière de 300 euros net mensuel, la déclaration systématique du Plan Hôpital en tension à chaque situation de crise, l’arrêt de la fermeture de lits dans les services, la titularisation et stagiarisation rapide des agents et un agent de sécurité en poste 24h/24 - 7 j/7. Elles sont adressées non seulement à la direction mais aussi à l’Agence Régionale de Santé.

Jusqu’ici, les directions des services en grève à Paris n’ont fait que des propositions minimales qui ne répondent en rien aux revendications des grévistes. De plus, la répression d’État commence à se faire sentir, comme on a pu le constater aujourd’hui avec l’arrachage par des CRS de la banderole des grévistes de la Pitié-Salpétière à l’occasion de la venue de Castaner, action visant à invisibiliser le fait que cet hôpital soi-disant « attaqué » par les Gilets jaunes à l’occasion du 1er mai est en fait lui-même le lieu d’une lutte sociale. Ainsi, les grévistes entendent bien durcir le mouvement et la propagation de ce dernier à travers la France assorti de l’émergence d’un organe d’auto-organistion à travers l’Inter-urgences montre qu’un mouvement d’ampleur est possible, non seulement au niveau des services de santé mais plus largement parmi les services publics.

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Mis à jour le jeudi 13 juin 2019