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Dans l’enfer du goulag syrien

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Image satellite de la prison militaire de Saidnaya. Amnesty.

À la mi-mai, le New York Times a publié une enquête, fruit de sept ans de travail de plusieurs de ses journalistes, consacrée à la terreur infligée par le régime de Bachar al-Assad au peuple syrien suite au soulèvement de mars 20111. Des travaux et des témoignages inédits, qui permettent de mesurer l’ampleur de la boucherie et invalident tous les discours révisionnistes, voire négationnistes, diffusés par les partisans du régime, quels qu’ils soient.

« Tandis que l’armée syrienne, soutenue par la Russie et l’Iran, disputait le territoire aux rebelles armés, le gouvernement menait une guerre impitoyable contre les civils, jetant des centaines de milliers de personnes dans des cachots répugnants où des milliers d’entre elles ont été torturées et assassinées. »2 C’est autour de ce constat que s’ouvre l’article, à l’heure où les forces armées d’Assad et leurs alliés continuent leurs opérations de « nettoyage » des zones « rebelles » dans le nord de la Syrie, notamment autour d’Idleb.

128 000 disparuEs, 14 000 mortEs sous la torture

Selon le Réseau syrien pour les droits humains (Syrian Network for Human Rights, SNHR), ce seraient ainsi pas moins de 128 000 personnes qui auraient disparu dans les geôles et camps du régime, parmi lesquelles 14 000 seraient mortes sous la torture. Des incarcérations et des violences de masse commises au début du soulèvement mais qui se sont prolongées depuis, avec même une augmentation de 25 % des arrestations en 2018 par rapport à l’année précédente.

L’article détaille, documents et témoignages à l’appui, les atrocités commises par le régime Assad, et insiste sur l’impunité dont il a bénéficié, et bénéficie encore, de la part de ses alliés directs mais aussi des principales puissances occidentales. Commentaire de la journaliste Anne Barard : « Les enlèvements et les assassinats commis par l’État islamique en Syrie ont davantage retenu l’attention en Occident, mais le nombre des victimes du système carcéral syrien est très largement supérieur à celui de Daesh ».

Crimes de guerre et des crimes contre l’humanité

Les récits des survivantEs et des familles de disparuEs sont glaçants, mais c’est l’accumulation et le caractère systématique de l’enfermement, de la torture, des assassinats et des viols qui est le plus frappant. Une véritable industrie de l’horreur, qui s’est développée parallèlement à la répression sanglante, dans les rues, du soulèvement populaire, alors que celui-ci menaçait le régime : « Au fur et à mesure que les forces insurgées gagnaient du terrain et que l’aviation du gouvernement bombardait les quartiers rebelles, les formes de torture dans les prisons devenaient plus brutales et plus perverses. Les survivants parlent de traitements sadiques, de viols, d’exécutions sommaires et de détenus qu’on laissait agoniser sans soigner leurs blessures ou leurs maladies. »

Des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité avérés, qui rendent d’autant plus abjects les silences complices ou les soutiens internationaux apportés au régime, de même que toutes les prétendues propositions de « règlement de la crise syrienne » s’appuyant sur le maintien au pouvoir du bourreau Assad.

C.B.

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Mis à jour le jeudi 20 juin 2019