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Réforme du chômage. Bientôt plus de 11% des allocataires empêchés d’accès à l’indemnisation ?

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Prévues pour le 17 juin, les annonces du gouvernement sur la réforme de l’assurance chômage vont amplifier la chasse aux chômeurs lancée depuis le début du quinquennat. Une attaque qui concerne l’ensemble du monde du travail.

Georges Camac
Selon les informations des Echos, les contours de la réforme de l’assurance chômage seront annoncés par le gouvernement le 17 juin, soit 4 jours avant l’échéance. D’après les informations qui ont filtré, c’est un nouveau cap dans la chasse aux chômeurs qui va être franchi.

La mesure prévoit un durcissement des conditions d’accès à l’assurance chômage. Pour être indemnisé, il faudra avoir travaillé l’équivalent de six mois sur les 24 précédant la fin de son contrat de travail, contre quatre mois durant les 28 mois actuellement. Concrètement, selon les projections faites par l’Unedic (dans un scénario plus favorable que celui du gouvernement), 11% des allocataires, soit 236.000 personnes, seraient impactés. La CGT parle quant à elle de 250.000 à 300.000 personnes.

Le gouvernement prévoit également une dégressivité des allocations au bout de six mois pour les « très hauts revenus ». Une attaque en règle contre les cadres qui sont confrontés également au fléau du chômage.

Pour faire passer la mesure, le gouvernement vend l’idée d’un système de bonus-malus pour les entreprises qui abuseraient des contrats courts. Mais derrière les effets d’annonce, la mesure apparaît surtout comme une sanction pour les petits entrepreneurs. Si on ne connaît pas les seuils pris en compte, un scénario présenté par l’Unedic propose de se baser sur la moyenne générale du taux de recours aux contrats courts (11,1%). Dans ce cas, 82% serait gagnantes et 18% des entreprises seraient perdantes. Dans le lot de ceux concernés par les malus, on trouve principalement des secteurs de très petites entreprises – notamment l’hôtellerie et la restauration – qui n’ont pas forcément les moyens d’embaucher des CDI.

Il s’agit pour le gouvernement d’économiser entre 1 et 1,3 milliards d’euros pour désendetter l’Unedic. Or, la dette de l’assurance chômage est avant tout la conséquence de la baisse des cotisations patronales depuis de longues années et des cadeaux faits au grand patronat, qui continuent de cacher au fisc des centaines de milliards par le biais de l’évasion fiscale.

Mais le véritable objectif du gouvernement, plus que les économies comptables, c’est de peser à la baisse sur les salaires et les conditions de travail. Il s’agit d’imposer aux salariés des conditions toujours plus dures de reprise de l’emploi. De ce point de vue, la réforme est complémentaire avec les attaques contre le droit du travail mises en œuvre. C’est bien pour cela qu’elle concerne l’ensemble du monde du travail, au-delà de la mise en concurrence factice entre salariés et chômeurs que le gouvernement tente d’instrumentaliser.

Une chose est sûre : alors que l’acte 30 des Gilets Jaunes aura lieu ce samedi, le gouvernement compte bien amplifier ses attaques néolibérales.

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Mis à jour le lundi 5 août 2019