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Les « Gilets noirs » au Panthéon

Crédit Photo : Twitter Thomas Clerget

Le 12 juillet, aux environs de 13 heures, plusieurs centaines de sans-papiers liés au mouvement des « Gilets noirs » ont investi le Panthéon, avec le soutien du collectif la Chapelle debout et de l’association Droits devant. Une action destinée à attirer l’attention du public et des autorités sur la situation des sans-papiers, et qui s’est soldée, une fois de plus, par une violente intervention policière.

Le tract distribué lors de l’occupation du Panthéon était explicite : « On est des sans-papiers, des sans-voix, des sans-visages pour la République française. On vient sur la tombe de vos grands hommes pour dénoncer vos profanations, celles des mémoires de nos camarades, de nos pères, de nos mères, de nos frères et sœurs en Méditerranée, dans les rues de Paris, dans les foyers et les prisons. » Pour les occupantEs et leurs soutiens, l’objectif était clair : faire parler de la situation des sans-papiers en France, plus généralement de la question des migrantEs, et exiger une rencontre avec le Premier ministre Édouard Philippe.

Contre la loi asile-Immigration

« [La loi asile-immigration] et les pratiques administratives des préfectures placées sous votre responsabilité ont entériné et aggravé les situations inextricables dans lesquelles se trouvent les dublinéEs, les demandeurs d’asile, les travailleurs sans-papiers, et tous les autres étrangers illégaliséEs présentEs sur le territoire français », expliquent les Gilets noirs, qui regroupent notamment des habitantEs de 43 foyers d’Île-de-France, dans une lettre ouverte à Édouard Philippe rendue publique lors de l’occupation. Et de dénoncer, entre autres, la chasse aux immigréEs, les destructions de campements, les rafles, le recours systématique aux centres de rétention administrative, les expulsions, etc.

Pour seule réponse, les autorités ont envoyé les flics, qui ont rapidement pris position autour du Panthéon. Après près de 4 heures d’occupation sans incident, les organisateurs ont négocié une sortie des lieux, et obtenu l’engagement que, s’ils sortaient par l’arrière du Panthéon dans le calme, les occupantEs ne seraient pas inquiétés. Promesse de flic, malheureusement, puisque c’est une grande nasse qui attendait les occupantEs, et que les forces dites de l’ordre leur ont alors proposé une « solution » inacceptable : sortir unE par unE, avec contrôle d’identité.

Une fois de plus, les coups de matraque

Face au refus des occupantEs, et le temps passant, les flics ont alors violemment chargé à plusieurs reprises et opéré des dizaines d’arrestations. Un journaliste de Basta présent sur les lieux raconte1 : « Brutalement, et sans sommation, les policiers procèdent à une première série d’arrestations. Bousculée par la violence de la manœuvre, une manifestante d’une cinquantaine d’années, à côté de nous, en tremble pendant de longues minutes, prostrée dans les bras d’une camarade. La scène se répétera au moins trois fois, générant un climat de peur. À chacune, un groupe d’une vingtaine de policiers avance lentement, avant de brutalement « arracher » une ou plusieurs personnes directement au sein du groupe. Observer le calme, la froideur, avec lesquels l’approche est effectuée, de manière méthodique, est glaçant. »

Au total, 37 personnes seront interpellées, parmi lesquelles 16 seront conduites en centre de rétention, avant d’être relâchées quelques jours plus tard en raison du caractère illégal des interpellations. Une chose est toutefois certaine : face aux légitimes revendications des sans-papiers, le gouvernement a une fois de plus fait le choix de la politique de la matraque. La mobilisation doit se poursuivre contre ce pouvoir raciste et autoritaire !

Julien Salingue

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Mis à jour le vendredi 29 novembre 2019