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28 septembre, journée internationale pour le droit à l’avortement

Crédit Photo : Photothèque Rouge/JMB.

Manifestons pour que ce droit soit reconnu et effectif !

Le Collectif « Avortement Europe, les femmes décident » appelle à des manifestations partout en France le 28 septembre. À Paris, un rassemblement « pique-nique » est prévu à midi devant l’hôpital Tenon (4, rue de la Chine, Paris 20e) en soutien aux dix années de lutte du collectif unitaire qui a obtenu la réouverture du centre IVG de l’hôpital et qui, aujourd’hui, veille à son bon fonctionnement. Il sera suivi d’un départ en manifestation à 14 heures, sur un parcours permettant de faire le lien avec plusieurs hôpitaux parisiens en lutte.

Droit fondamental

L’objectif de ce collectif d’associations féministes, de syndicats et d’organisations, créé en 2017, est plus que jamais d’actualité : « Nous réaffirmons que les droits des femmes, la liberté à disposer de son corps, le droit à l’avortement et à la santé sont des droits fondamentaux pour construire des sociétés où l’égalité entre les femmes et les hommes, en Europe et dans le monde soit enfin reconnue. »

L’accent est mis sur la situation internationale et la nécessaire solidarité avec les luttes des femmes du monde entier : en Europe, avec les Espagnoles en 2015, les Polonaises toujours en lutte, les Irlandaises qui ont ouvert enfin une brèche l’année dernière ; en Amérique latine avec la mobilisation exemplaire des Argentines pour la huitième fois pour conquérir ce droit ; aux USA où, après avoir subi de violentes campagnes des anti-IVG, les femmes voient ce droit remis en cause dans la législation de plusieurs États ; mais aussi en Afrique où des femmes réagissent contre l’interdiction d’avorter.

25 millions d’avortements à risque

Selon l’OMS (source INED), il s’est pratiqué 56 millions d’interruptions volontaires de grossesses dans le monde en 2014 dont 25 millions étaient des « avortements à risque », soit des avortements légaux effectués dans de mauvaises conditions, soit des avortements clandestins. Le droit à l’avortement est limité dans plus de deux tiers des pays. Chaque année, 4,7 % à 13,2 % des décès maternels sont dû à des avortements clandestins.

En Europe, l’avortement est encore totalement interdit à Malte, fait l’objet de législations très restrictives dans de nombreux pays, et est sujet à des remises en causes du fait de gouvernements réactionnaires ou de l’application de mesures d’austérité sur les services publics et sur les services de santé.

En France, plusieurs alertes doivent nous inciter à ne pas baisser la garde. N’oublions pas que ce droit a été acquis suite à des mobilisations importantes du MLAC et du Mouvement de libération des femmes des années 1970. La loi Veil de 1975 a été dans un premier temps une loi d’encadrement avec plusieurs clauses restrictives. Les améliorations successives n’ont été obtenues que grâce aux luttes des femmes dont, entre autres, son remboursement ou le délai de réflexion obligatoire. Mais il reste aujourd’hui un des délais pour avorter parmi les plus courts d’Europe, et la double clause de conscience est de plus en plus invoquée par les médecins, comme en Italie.

Droit à l’IVG rogné

On a ainsi pu voir au mois de mars le docteur Rochambeau, président du principal syndicat des gynécologues, le Syngof, appeler publiquement ses adhérents à faire la grève des IVG pour faire pression sur le gouvernement. Il aura fallu qu’un groupe de jeunes militantes prennent une initiative envers le Conseil de l’ordre des médecins et que certaines portent plainte personnellement contre les responsables de ce syndicat pour que l’affaire n’en reste pas là. Dans le même temps, un reportage sur France 2 donnait la parole à un médecin hospitalier qui expliquait que lui ne pratiquait les IVG que jusqu’à 12 semaines d’aménorrhée et n’hésiterait pas à invoquer la clause de conscience si on voulait lui imposer d’en faire jusqu’à 14, ce qui pourtant est la loi.

Si on ajoute à cela la situation de pénurie dans les hôpitaux et les projets gouvernementaux de suppression de postes, on voit bien par où le droit à l’IVG est aujourd’hui rogné et risque de l’être encore plus demain sans un rapport de forces tenace et conséquent.

Commission nationale d’intervention féministe

Site du Collectif « Avortement Europe, les femmes décident » : http://avortementeurope.org/

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Mis à jour le mercredi 16 octobre 2019