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Retraites : nous faisons le choix de la priorité à l’humain et au droit à une vie digne (tribune unitaire)

Crédit Photo : Photothèque Rouge /JMB

Emmanuel Macron l’a répété lors de ses vœux : il veut faire passer en force sa réforme des retraites. Contre tous les arguments de bon sens, il décide seul. Le rapport de force est le seul langage possible avec ce gouvernement. La grève et les manifestations seront donc essentielles.

C’est pourquoi nous appelons tous les français·es, toutes les professions, tou·te·s nos ami·e·s, nos proches, à se mettre en grève et/ou à soutenir vigoureusement la grève, notamment en participant aux caisses de grève et en nous rassemblant en masse dans la rue pour les manifestations du 9 janvier et les suivantes.

Ensemble, faisons la démonstration de notre attachement au progrès social et à la solidarité dans la vie commune. Nous voulons une société plus humaine, soucieuse d’offrir à chaque génération une vie digne. Beaucoup est à faire pour améliorer le présent, nous le savons. Beaucoup partent déjà en retraite trop tard et souvent trop pauvres. Notamment les femmes. Mais rien ne peut s’améliorer si nous commençons par laisser les acquis des générations précédentes être détruits.

La retraite à points prévue par Emmanuel Macron condamne toute la population à partir plus tard en retraite, sans savoir quels seront ses revenus. Tou·te·s seront perdant·e·s. Les femmes encore une fois davantage que les hommes.

« L’universalité », cet alibi martelé par le gouvernement pour détruire les régimes spéciaux, n’existe déjà plus dans le plan même du gouvernement : police, aviation, opéra de Paris, transports… La lutte a déjà donné des premières victoires – certes insuffisantes - des salariés pour faire respecter leurs droits.

L’argument comptable du gouvernement est en leurre. Nous savons compter. Il manquerait, paraît-il, 7 à 17 milliards d’euros par an pour maintenir l’équilibre de notre système de retraite par répartition. Mais s’il manque des cotisations, pourquoi expulser du financement et des droits à leurs retraites les plus hauts revenus ? La somme est pourtant colossale : 70 milliards d’euros en quinze ans ! Pourquoi jeter dans les bras des assurances privées une telle somme permettant la bonne santé de notre système actuel ?

Cette réforme va contre les conquêtes de l’histoire sociale de notre pays. Oui, il y a plus de retraités dans le pays qu’auparavant. Oui, nous avons réussi à sortir de la pauvreté un nombre considérable de retraités par rapport au passé récent. Et nous savons le financer. Car du fait de la forte hausse de productivité, l’activité de chaque salarié met à disposition davantage de moyens pour financer davantage de retraites. Ce n’est donc pas un problème démographique. Il s’agit de répartition de la richesse produite par le travail. Augmenter les salaires, égaliser les salaires des hommes et des femmes, augmenter l’emploi, voilà qui permettrait de financer bien davantage que les régimes de retraite n’en consommeront jamais. Assurer un droit à la retraite à un âge qui permet d’en profiter pleinement, sécuriser les revenus des retraités, c’est un choix de société. Quand l’espérance de vie stagne et que l’espérance de vie en bonne santé recule, il est temps de changer les priorités de cette société.

En soutenant la mobilisation, en y participant pour la nouvelle phase de la lutte les 9, 10 et 11 janvier, nous faisons le choix de la priorité à l’humain et au droit à une vie digne.

Premiers signataires : Simon Abkarian comédien et metteur en scène, Ariane Ascaride actrice, Eliane Assassi sénatrice et présidente du groupe communiste (CRCE) au Sénat, Clémentine Autain députée LFI de Seine-Saint-Denis, Olivier Besancenot porte-parole du NPA, Laurent Binet écrivain, Marie-George Buffet députée PCF, Luc Carvounas député PS, Eric Coquerel secrétaire national et coordinateur du Parti de gauche, Charlélie Couture artiste, Jean-Pierre Darroussin comédien, Laurence De Cock historienne, Vikash Dhorasoo footballeur international, Didier Eribon sociologue, Khaled Gaiji président des Amis de la Terre France, Susan George présidente d’honneur d’Attac France, Robert Guédiguian réalisateur, producteur et scénariste, Reda Kateb acteur, Mathilde Larrère historienne, Yvan Le Bolloc’h comédien, Marie-Noëlle Lienemann sénatrice Gauche républicaine et socialiste (GRS), Edouard Louis écrivain, Elli Medeiros artiste, Jean-Luc Mélenchon président du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Gérard Miller psychanalyste et réalisateur, Gérard Mordillat écrivain et réalisateur, Jérôme Rodrigues gilet jaune, Fabien Roussel député du Nord et secrétaire national du PCF, François Ruffin député LFI de la Somme, Didier Super chanteur, Aurélie Trouvé porte-parole d’Attac, Cali artiste, Tardi auteur et dessinateur, Shirley et Dino comédiens.

https://www.liberation.fr/debats/2020/01/08/retraites-nous-faisons-le-choix-de-la-priorite-a-l-humain-et-au-droit-a-une-vie-digne_1771978

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Mis à jour le samedi 18 janvier 2020