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Action contre la venue de Robert Ménard. Toulouse est antifasciste et elle le restera

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Fachos hors de nos villes !
Action contre la venue de Robert Ménard. Toulouse est antifasciste et elle le restera

Une cinquantaine de personnes se sont mobilisées ce mercredi soir contre la tenue d’une conférence d’extrême-droite, à laquelle Robert Ménard était notamment censé participer. Chants, fumigènes et lancé de poubelles sur le service d’ordre composé de membres de Génération Identitaire - une action réussie pour faire passer un message simple : l’extrême-droite n’est pas la bienvenue à Toulouse.

Gabriella Manouchki

Une action réussie malgré la fourberie des fachos

Alors que Toulouse, capitale des Gilets Jaunes et place forte du mouvement de grève, a maintes fois prouvé que son cœur se situait bien à gauche, l’extrême-droite a-t-elle cru qu’elle pouvait se réunir en toute tranquillité ? C’est en tout cas ce que semblent avoir pensé dans un premier temps les membres du Cercle des Capitouls, association d’extrême droite, en annonçant publiquement la venue de Robert Ménard pour une conférence sur le thème du « courage » pour « faire de la politique autrement ».

C’était sans compter sur la réactivité du milieu antifasciste toulousain, qui était au rendez-vous avec sa propre manière de « faire de la politique » à 19H devant la salle Osète. Une salle cédée sans problème à l’association par la mairie de Toulouse. Mais, surprise : au moment d’entrer, le vigile prétend que rien ne se passe dans la salle car la conférence a été annulée. Au même moment, Ménard fait diversion sur Facebook en indiquant être Carcassonne. Mais les antifascistes sont les plus malins et ne se laissent pas décourager ! Le groupe finit par obtenir l’information selon laquelle la conférence a été déplacée à deux rues de là, au Loft. Les fachos ont finalement réfléchit à deux fois avant de déblatérer leurs horreurs dans notre ville.

La confrontation commence alors entre le service d’ordre de la conférence d’une part, au sein duquel on peut reconnaitre quelque têtes de Génération Identitaire, et la team antifa d’autre part. Les premiers, armés de gazeuses, sont contraints de se replier dans l’entrée du bâtiment pendant que les seconds font pleuvoir sur eux poubelles et autre matériel urbain de première nécessité, le tout soutenu par des rires, des « siamo tutti antifascisti » et des « Toulouse, Toulouse, Antifa ! ». Les manifestants disparaissent une dizaine de minutes plus tard, juste avant que la police intervienne.

On peut voir sur les réseaux qu’une fois l’action terminée et la police arrivée, les fachos ont repris leur « courage » a deux mains : ils sortent et crient « on est chez nous ! » avant d’applaudir (eux-mêmes ? la police ? qui sait…).

Le lendemain, sur la page Facebook du Loft, on peut lire un communiqué expliquant comment le changement de salle a été opéré pour maintenir la conférence en urgence - à savoir à l’insu de l’équipe du Loft, qui dénonce alors « avec force la tenue et le contenu de cette réunion politique ». On se réjouit donc d’apprendre que « la somme de 600 euros, le prix de la location […] va être reversée à l’association Be Art Toulouse et au Refuge » associations LGBTQI que Ménard aimerait tant voir disparaitre !

Espérons qu’ils n’oublient pas désormais que, la nuit comme le jour, la ville rose est rouge et noire.

Contre un rendez-vous de l’extrême droite

Le Cercle des Capitouls est une association crée en 2016, dont le nom fait référence aux membres de la noblesse qui administraient la ville au Moyen-Âge. Sur un site peu recommandable, l’une des créatrices de l’association revendique dans un interview le fait que ces derniers devaient « posséder une maison à Toulouse, être catholiques, mariés et exercer une charge ou un métier honorable » et entend « rendre hommage à ces hommes ».

Cela en dit long sur les positions politiques que ce groupe entend défendre : celles de la bourgeoisie en manque de noblesse, patriarcale et raciste - celles de l’extrême-droite, qui voudrait être en croisade mais qui ne peut dans la situation actuelle que se terrer derrière l’ultime bannière de la « liberté d’expression » et d’un soi-disant « anti-conformisme ». C’est en effet avec la conviction d’être de véritables martyrs de leur temps que les membres du Cercle des Capitouls présentent des conférences sur les thèmes de la « contre-révolution », du « grand remplacement » ou encore sur « être catholique en politique », avec des invités souvent membres ou proches du Rassemblement National.

C’est dans le même esprit que Robert Ménard et François Bousquet - essayiste proche de l’Action Française - étaient censés venir rencontrer le petit milieu des FAFs toulousains dans une conférence pathétiquement intitulée « Le courage : faire de la politique autrement ». Le premier, maire de Béziers soutenu par le RN, est connu pour ses politiques réactionnaires, son racisme et son sexisme décomplexés. On se souvient ici de ses campagnes d’affichage toujours plus scandaleuses, comme celle sur l’armement de la police municipale venue soutenir sa politique de répression, celle qui stigmatise ouvertement les migrants ou encore celles qui banalisent et s’amusent des violences conjugales.

Rappelons aussi que Ménard s’est plusieurs fois illustré dans l’instrumentalisation de l’histoire à des fins de propagande nationaliste au travers du Journal de Béziers, avec par exemple la promotion d’un Jean Moulin totalement mythifié mais aussi de l’OAS - organisation terroriste colonialiste qui a fait près de 3000 victimes au début des années 60.

François Bousquet, quant à lui, est un essayiste d’extrême-droite qui a rouvert en 2018 dans le VIe arrondissement de Paris « la Nouvelle Librairie », qui appartenait historiquement à l’Action Française puis au Faisceau, parti fasciste français qui a eu une courte existence dans les années 1920.

Le « courage », thème de la conférence perturbée par la mobilisation antifasciste, c’est en effet l’une des nombreuses choses dont manquent les fachos : incapables d’assumer que leur camp politique n’est autre que celui de la bourgeoisie, ils sont toujours à l’affut de nouveaux bouc-émissaires pour diviser notre classe et justifier les politiques austéritaires et la répression. Du « courage », c’est bien ce qu’il va leur falloir s’ils entendent continuer de répandre leurs idées nauséabondes, en particulier à l’heure du retour de la lutte des classes à l’échelle internationale qui vient balayer les fondements de leur idéologie.

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Mis à jour le vendredi 14 février 2020