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11 mai, l’Île-Saint-Denis (93) : une chaîne humaine contre les violences policières dans les quartiers populaires

À l’appel d’une trentaine d’organisations, associations, collectifs, syndicats et partis politiques (dont le NPA), ainsi que de personnalités, une « chaîne humaine contre les violences policières » sera organisée le 11 mai, à l’Île-Saint-Denis (93), en soutien aux populations des quartiers populaires et pour protester contre les violences policières. Nous publions à cette occasion un extrait de l’interview de Youcef Brakni, membre du comité Adama, qui figure parmi les initiateurs, réalisée lors de « L’Anticapitaliste, l’émission » du 6 mai.

« Pour nous, cet appel représente une rupture avec ce qui s’était passé en 2005. Lors des révoltes de 2005 dans les quartiers populaires, il y avait eu très peu de soutien des forces progressistes, alors que ces révoltes étaient légitimes. Tout comme elles sont légitimes aujourd’hui, car rien n’a changé par rapport à 2005, et on peut même dire que la situation a empiré.

C’est pourquoi on a travaillé, en direction de Solidaires, de la CGT, d’ATTAC, etc., pour que les révoltés de 2020 soient soutenus. Ceux qui se révoltent aujourd’hui, ce sont les enfants de ceux qui tiennent le pays. Ce sont leurs mères qui vont dans les hôpitaux, qui sont infirmières, qui sont caissières. Ce sont souvent leurs pères qui sont vigiles, agents de sécurité dans les supermarchés. Donc ce sont bien leurs parents qui tiennent le pays, et voilà comment eux ils sont traités : racisme, violences policières, etc., avec une police qui est une institution imprégnée de ce racisme (« un bicot ça nage pas », ça renvoie directement au 17 octobre 1961), qui n’est pas le produit de dérives individuelles.

Avec cet appel, qui pour nous est un tournant historique, les grandes forces progressistes affirment un soutien aux révoltes des quartiers face à ces violences. Et on va continuer sur cette voie, en appelant à un rassemblement avec ces forces de gauche, ces forces progressistes, à l’Île-Saint-Denis, pour organiser une grande chaîne humaine, en respectant les gestes sanitaires bien sûr. Il s’agit pour nous de dénoncer les violences policières, et d’exprimer le soutien aux révoltés et le soutien à tous ceux qui tiennent le pays, qui n’ont pas le choix d’aller travailler, qui vont au front, avec la surmortalité que ça entraîne dans les quartiers populaires. »


L’appel au 11 mai

Suite à l’appel « La colère des quartiers populaires est légitime » (ci-dessous) nous appelons à une chaîne humaine contre les violences policières dans les quartiers populaires le 11 mai à 18h30, en respectant les gestes sanitaires, au départ du pont de l’Île-Saint-Denis. RDV Station de tramway : L’Île-Saint-Denis.

« La colère des quartiers populaires est légitime »

Dans la nuit du 19 au 20 avril, plusieurs quartiers populaires ont connu des nuits de révolte. La veille au soir, un homme a failli perdre sa jambe à Villeneuve-la-Garenne après une violente tentative d’interpellation policière et c’est bien cela qui a mis le feu aux poudres.

Les populations qui vivent dans les quartiers populaires sont en première ligne face à la crise sanitaire : elles sont parmi celles qui travaillent dans les « secteurs essentiels », celles qui permettent à notre société de ne pas s’effondrer aujourd’hui.

Pourtant, les inégalités sociales, déjà criantes, sont renforcées par la gestion du coronavirus et vont exploser avec la crise économique et sociale à venir. Ce dont témoigne déjà, entre autres, la surmortalité particulièrement élevée en Seine-Saint-Denis depuis le début de l’épidémie.

Les discriminations racistes, déjà insupportables, sont renforcées par l’impunité policière et les violences et humiliations se multiplient dans les quartiers populaires. On peut y ajouter le couvre-feu discriminatoire imposé aux habitant·es de ces quartiers par la ville de Nice. Ces injustices flagrantes sont documentées, nul ne peut les ignorer.

Alors nous le disons très clairement : nous refusons de renvoyer dos-à-dos les révoltes des populations dans les quartiers populaires et les violences graves et inacceptables exercées par la police. Nous n’inversons pas les responsabilités et nous le disons tout aussi clairement : ces révoltes sont l’expression d’une colère légitime car les violences policières ne cessent pas.

Les inégalités et les discriminations doivent être combattues avec vigueur et abolies : avec les populations des quartiers populaires, nous prendrons part à ce juste combat pour l’égalité, la justice et la dignité.

Les premières organisations qui soutiennent et appellent à participer à la chaîne humaine :

Attac
Acceptess-T
Cedetim
CCIF
CGT
CGT Ferc-Sup Paris 8
Collectif 10 novembre contre l’islamophobie
Collectif Romain Rolland Ivry
Collectif Vies Volées
Comité Adama
Comite vérité et justice pour Gaye Camara
Comité vérité et justice pour Lamine Dieng
Compagnie Jolie Môme
Coordination Pas Sans Nous
Diem25 France
ENSEMBLE !
FASTI
FUIQP (Front uni des immigrations et des quartiers populaires)
Justice pour Matisse
Franc Moisin citoyenne
LDH
NPA
PEPS
Sud Rail
UCL
UCL Saint-Denis
Union syndicale Solidaires
Union départementale Solidaires 93
Union locale SUD-Solidaires Saint-Denis
UNPA- UVP-filmer la police

Les premier.e.s signataires individuel.le.s :

Hamid Ait Omghar
Marion Alcaraz, juriste
Torya Akroum, cheminote
Verveine Angeli, Union syndicale Solidaires
Hind Ayadi, habitante de Garges les Gonesse et militante associative, fondatrice d’espoir et création
Amal Bentounsi, UNPA
Olivier Besancenot, porte-parole du NPA
Saïd Bouamama, sociologie, membre du FUIQP
Youcef Brakni, militant des quartiers populaires
Abdourahmane Camara
Sabrina Bousekkine association Emergence, Blanc-Mesnil
Alexis Cukier, philosophe
Luc Decaster cinéaste et militant du collectif Ali Ziri
Christine Delphy, féministe, sociologue
Eric Fassin sociologue
Mohamed Gnabaly, Maire de l’Ile-Saint-Denis
Michelle Guerci, journaliste
Boualem Hamadache, secrétaire du syndicat Sud conseil départemental de Seine-Saint-Denis
Ladja Hamidouche collectif de soutien aux Roms Argenteuil
Dawari Horsfall , militant associatif et conseiller municipal à Massy
Fethia Kerkar
Aude Lancelin, journaliste
Mathilde Larrère, historienne
Jessica Lefevre
Océan, Comédien
Fabien Marcot, graphiste
Zouina Meddour, militante associative, Blanc Mesnil
Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire.
Moustapha Mansouri collectif contre les violences policières Argenteuil
Madjid Messaoudene, élu de Saint-Denis
Hanane Miloudi, association Emergence, Blanc-Mesnil
Mame-Fatou Niang, Enseignante-Chercheure
Jean-Francois Pelissier, porte-parole d’Ensemble !
Philippe Poutou, porte-parole du NPA
Théo Roumier, syndicaliste et libertaire
Julien Salingue, docteur en science politique
Aïssata Seck, adjointe au maire de Bondy
Omar Slaouti, militant antiraciste
Azzedine Taibi, Maire de Stains

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Mis à jour le mercredi 20 mai 2020