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Accueil > Luttes sociales > Non au confinement de nos libertés !

Non au confinement de nos libertés !

Le gouvernement, qui a géré de façon particulièrement catastrophique la pandémie de coronavirus, utilise maintenant la crise sanitaire pour aggraver sa politique antisociale et autoritaire : atteintes toujours plus brutales à nos droits sociaux (allongement du temps de travail hebdomadaire, remise en cause des congés payés, obligation de prendre des RTT…) et atteintes à nos libertés individuelles et collectives.

Nous pensions, avec l’état d’urgence entrée dans le droit commun il y a deux ans, avoir touché le fond. Eh bien non ! Avec l’état d’urgence sanitaire, voté en mars, nous nous rapprochons encore plus dans notre pays d’un état d’exception permanent – et liberticide :
· concentration de pouvoirs exorbitants dans les mains du pouvoir politique qui peut gouverner par décrets et ordonnances, hors de tout contrôle démocratique, dans les domaines les plus étendus (du droit du travail au droit des sociétés…)
· suspension de certaines garanties juridiques et démocratiques, prévues par la Constitution
· allongement des délais maximums de détention provisoire, sur simple décision administrative, sans l’assistance d’un avocat
· droit d’expression et de manifestation bafoué, liberté de circulation restreinte
· répression accrue - contre les Gilets jaunes, les habitants des quartiers populaires, les militants syndicaux -, arbitraire policier
· surveillance généralisée de la population au moyen de drones, de traçage numérique…

En quoi de telles mesures antidémocratiques combattent le Covid-19 ?!

Arrêtez de nous infantiliser ! La population dans sa grande majorité est bien consciente de la nécessité de mesures pour faire face et sait ce qu’il faut faire pour se protéger et protéger les autres.

La preuve, nous l’avons apportée par la solidarité populaire qui a pris en charge les plus vulnérables d’entre nous. Par la mobilisation constante des soignant-e-s et des « petites mains » couseuses de masques, ainsi que par les travailleur.ses indispensables à la poursuite d’une vie collective minimale, sans que le gouvernement y soit pour quelque chose, et même contrairement à ce qu’il préconisait. Y compris pour combattre la pandémie, nous avons besoin de démocratie. D’encore plus de démocratie !

Nous exigeons le rétablissement de nos droits fondamentaux, de nos libertés individuelles et collectives : de manifestation, d’expression, de circulation, de liens sociaux…

Nous soutenons les personnes verbalisées injustement, en particulier, une militante de « Solidaires 09 » à Foix.

Il y a urgence démocratique !

P.-S.

Tout comme la santé, nos libertés ne sont pas négociables !

Communiqué intersyndical


Alors que la population a consenti de façon responsable à une restriction de ses libertés, en particulier à travers le confinement, le gouvernement a poursuivi une politique répressive et liberticide se traduisant par des pratiques autoritaires et des violences policières, sans aucun lien avec la situation sanitaire mais entendant profiter de l’effet de sidération qu’elle a produit pour accélérer sa politique.
Les annonces du Premier ministre permettent de rétablir une des premières libertés, celle de circuler à l’intérieur du territoire. Mais, beaucoup de restrictions subsistent, notamment en matière de réunions et rassemblements. La liberté de manifester, quant à elle, n’est pas respectée à ce jour !
Le monde de l’avant virus avait déjà largement éborgné les libertés publiques : licenciements de syndicalistes, interdictions de manifester, violences policières voire judiciaires lors des manifestations, usages disproportionnés d’armes entraînant de nombreuses blessures, mutilations et décès …
Cela a pris une telle ampleur que des organisations internationales comme l’ONU, tout comme le défenseur des droits, ont tiré à plusieurs reprises la sonnette d’alarme sur l’état des libertés démocratiques dans notre pays !
La période récente a été marquée par la poursuite de procédures disciplinaires à l’encontre de syndicalistes, comme à la SNCF ; ou même, dans la santé, pendant la pandémie, par des entraves patronales et, parfois, policières d’exercer les droits syndicaux fondamentaux pour faire respecter les conditions sanitaires liées à la pandémie ; par l’empêchement de droits de retrait avec l’appui du ministère du travail ; par des menaces sur le droit de grève, par des mises à pied de fonctionnaires pour avoir osé dénoncer l’état sanitaire déplorable ou contrôler les conditions de travail ; par des répressions violentes dans les quartiers populaires avec, à nouveau, des morts et des blessés ; par la répression des manifestations de mouvements sociaux ; par des atteintes aux possibilités de s’exprimer publiquement aux balcons et de manifester symboliquement le 1er-Mai ; par des entraves aux libertés de circuler et une forte répression pénale des « défauts répétés d’autorisations de déplacements » ; par des arrestations de manifestant.e.s lors de rassemblements, etc. En à peine deux mois, la liste est déjà bien longue des atteintes inadmissibles aux libertés publiques et syndicales ! Et, on veut nous faire croire à une remise en question ? Dans ce contexte, l’application Stop Covid et son détournement possible à des fins de contrôle du mouvement social nous font craindre pour nos libertés.
La liberté de manifestation est une victime majeure de l’état d’urgence sanitaire sans pourtant empêcher ceux et celles qui l’ont décidé d’agir comme l’ont montré la manifestation parisienne des sans-papiers et celle contre les violences policières ces derniers jours. Il n’est pas tolérable que soient ouverts désormais musées, lieux de cultes, parcs d’attraction… et qu’un droit fondamental soit dénié.
Alors que la crise sanitaire a démontré la faillite des modèles libéraux, alors que le pouvoir tente de faire croire à un changement de ses politiques, celui-ci ne saurait se faire sans construction d’un rapport de forces et donc dans l’autoritarisme et contre la démocratie. Pour être crédible, il doit s’opérer dans l’écoute et le respect des opinions exprimées, sur les lieux de travail et dans la rue, par la population et les acteur.trice.s du mouvement social. Libertés syndicales et d’expressions publiques, liberté de manifester, tout cela doit être fermement garanti pour toutes et tous, quel que soit son lieu d’expression.
Nous voulons un monde d’après sans autoritarisme et violences policières.
Nos droits et nos libertés ne sont pas négociables.

Nous exigeons :

  1. la levée de l’état d’urgence sanitaire qui ne protège pas mais qui contient des mesures liberticides et régressives ;
  2. le renforcement des droits des travailleur-se.s et des libertés syndicales et publiques pour l’ensemble de la population ;
  3. la garantie que toutes les mesures qui ont porté atteinte à nos libertés soient levées ;
  4. l’arrêt de l’application « Stop Covid », outil de traçage inacceptable ;
  5. l’arrêt du fichage des personnes ; qui ne permet pas le respect du secret médical et la confidentialité des donné,e.s personnelles ;
  6. l’arrêt total de la répression pour fait syndical ;
  7. l’arrêt de l’usage des méthodes ou matériels qui blessent et tuent : méthodes d’étouffement, LBD, grenades de désencerclement ;
  8. l’arrêt de l’impunité des personnes en charge de missions de sécurité qui commettent des violences ;
  9. l’arrêt des contrôles au faciès ;
  10. la suppression de l’IGPN et son remplacement par une instance indépendante de la police.
    https://www.cgt.fr/comm-de-presse/tout-comme-la-sante-nos-libertes-ne-sont-pas-negociables

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Mis à jour le mardi 22 septembre 2020