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Le retour de la grève en Guyane, pour des revendications d’urgence face à la crise du coronavirus

Crédit Photo : DR
Adrien Guilleau

Adrien Guilleau est membre de l’UTG et du MDES en Guyane.
En direct devant la préfecture de Guyane, mardi 21 juillet.

Depuis mardi 21 juillet, l’UTG qui a appelé à la grève générale, se mobilise avec le Mayouri Santé Guyane, le MSG. Nous étions 250 à 300 personnes à répondre ce matin à l’appel et à marcher vers la préfecture. Cette mobilisation fait suite à plusieurs semaines de mécontentement et de construction d’un mouvement unitaire à travers le MSG, qui regroupe une vingtaine de partis, syndicats, associations.

Le week-end dernier, lorsque le Premier ministre est venu, nous avons pris l’initiative, au niveau de l’UTG (Union des travailleurs guyanais), de rédiger une sorte de plateforme revendicative, une motion, qu’on a soumise aux élus de Guyane, au Président de la collectivité régionale, au Président de l’association des maires et aux quatre parlementaires de Guyane.

On a réussi à trouver un consensus sur une motion assez ambitieuse qui remettait en question la gestion de la crise sanitaire par l’État et qui demande divers éléments, tant d’urgence que structurels pour la Guyane.

Une précision sur les élus : trois d’entre eux sont du groupe LREM et le président de région soutient officiellement Emmanuel Macron, et c’était donc assez bon de les voir signer cette motion où figure notamment l’interdiction des licenciements…

Pour la suite, on attend que les camarades qui sont dans la Préfecture en négociation sortent, pour faire le point, voir si les lignes du Ministère ont bougé ou pas. En fonction de ce qui sortira, on verra si on brave le couvre-feu cette nuit… On reste devant la Préfecture, sachant qu’on n’est pas à l’abri de débordements, divers et variés. Si les négociations s’intensifient dans la nuit ou si on temporise avec des engagements importants – sachant qu’on a encore une fenêtre de tir du fait que la fusée Ariane doit décoller le 28 juillet, donc ça va être le principal moyen de pression qu’on peut avoir sur l’État français dans la période.

Concernant les réponses apportées par le préfet et le ministre, on a reçu un courrier. La seule chose qu’on a obtenue pour l’instant, c’est l’extension de la prime Covid de 1 500 euros à l’ensemble des travailleurs de la santé en Guyane et le fait que l’ensemble du matériel de réanimation déployé en Guyane va rester en place – mais sans garantie d’avoir du personnel pour s’en occuper. Pour le reste, les revendications structurelles, pour le CHU et les hôpitaux de Maripasoula et Saint-Georges, on a un truc alambiqué ; ils vont faire une étude dans trois mois pour évaluer les besoins, donc quelque chose qui n’est pas satisfaisant en l’état. Pour l’interdiction des licenciements, il devrait y avoir des subventions pour les entreprises qui vont moins licencier, donc là non plus le compte n’y est pas.

Nous avons reçu une première réponse du gouvernement. Ce mardi, on devait en avoir une première – le préfet a trainé énormément pour nous recevoir. Il y a eu un petit débordement, un feu de palettes qui a failli brûler la préfecture, les images étaient assez impressionnantes. Finalement les forces de l’ordre essaient de temporiser, donc il n’y a pas eu d’affrontements physiques mais le couvre-feu va entrer en vigueur dans une demi-heure et on va voir quelle sera l’attitude des forces de l’ordre.

Concernant nos revendications liées à la gestion des lits en réanimation, on demande 50 lits de réanimation pérennes et 50 lits supplémentaires, des tests massifs, divers éléments de ce type. Sur le plan économique, on demande une prime Covid de 1 500 euros élargie à tous les soignantEs comme ça s’est fait en France, des subventions pour les collectivités locales, on demande également l’interdiction des licenciements jusqu’à la fin de la crise sanitaire. Sur le plan structurel, on demande un CHU, qui est promis depuis 20 ans et un hôpital à Saint-Georges et un à Maripasoula.

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Mis à jour le samedi 17 octobre 2020