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Appel du 7 aout à Foix : contre les expulsions

https://www.ladepeche.fr/2020/08/06/le-soutien-aux-refugies-continue-9009432.php?fbclid=IwAR0fg2XeYfiNNZ1BeoFlzMZGZiYAfjNb-Rnjj7eDXb_rjeCfdpt4XsJ83rM

la Dépêche du 6 aout 2020

Le soutien aux réfugiés continue


Le collectif ariégeois de soutien aux réfugiés va manifester, ce vendredi, devant la préfecture de l’Ariège, à Foix, pour montrer que, « face à l’accélération des OQTF pendant l’été, nous ne lâchons rien ».

Ce vendredi, le collectif ariégeois de soutien aux réfugiés organise une manifestation devant la préfecture. Il veut dénoncer « l’accélération » des procédures d’obligation de quitter le territoire français prononcées par les services de l’Etat.

Ces militants savent bien que la période estivale n’est pas la plus propice pour mobiliser les troupes. « Mais nous voulons montrer que, même en été, nous ne lâchons rien », explique Maryse Tref, membre du collectif ariégeois de soutien aux réfugiés. Lequel appelle, ce vendredi, à 10 heures, à un rassemblement devant la préfecture de l’Ariège pour dénoncer « la multiplication des obligations de quitter le territoire français prononcées par la préfecture de l’Ariège ».
« Depuis le mois de juillet, quatre familles, par semaine, reçoivent une OQTF. Et je ne parle pas des assignations à résidence », témoigne la militante en évoquant également « les quatorze enfants, sur la seule commune de Foix, à qui le statut de réfugiés a été refusé alors qu’ils sont scolarisés depuis deux, voire trois ans ». Le collectif de soutien aux réfugiés, qui sera soutenu par la FSU, Solidaires, le Mouvement pour la paix, le collectif de Massat et Couserans Palestine, veut donc, par ce rassemblement, montrer toute sa détermination à lutter contre « cette politique de répression anti-migrants ».

La manifestation n’est, cependant, pas le seul mode d’action de cette structure. Le collectif de soutien fait, en effet, partie d’un vaste ensemble de quarante associations, partis politiques et syndicats qui, tout au long de l’année, se démène pour empêcher les expulsions. « Chaque OQTF fait l’objet d’un recours devant le tribunal administratif. Mais si celui-ci casse la décision, la préfecture de l’Ariège fait automatiquement appel », regrette Maryse Tref.

Sauf que la décision de la cour d’appel administrative de Bordeaux est souvent longue à venir, d’autant plus que la crise du Covid-19 a fortement paralysé la juridiction. « Du coup, les familles se retrouvent en difficulté car, une fois que l’OQTF leur a été signifiée, elles se retrouvent exclues du Cada (centre d’accueil de demandeurs d’asile, NDLR) et sont privées de revenus », explique la militante en ajoutant : « Et tant que la procédure n’est pas terminée, il est impossible d’effectuer une autre demande d’autorisation de séjour ».

« Quitter le pays avec des frontières fermées »

Mais surtout, Maryse Terf et le collectif ariégeois de soutien aux réfugiés regrettent que le courrier et la pétition adressés en mars dernier à la préfète Chantal Mauchet pour réclamer « l’arrêt des expulsions » n’aient eu aucun écho. « Avec les autres associations, syndicats et partis politiques qui avaient cosigné ce texte, nous avions demandé un rendez-vous à la préfète. Mais il y a eu le Covid, puis les élections municipales, et là, ce sont les vacances. Donc nous attendons toujours sa réponse, tout en voyant que les décisions s’enchaînent », indique la militante.

Laquelle juge « absurde » les OQTF prononcées actuellement. « À cause de la crise sanitaire, les frontières sont fermées, mais on demande aux gens de quitter le pays. C’est du n’importe quoi », s’indigne Maryse Terf qui, au nom du collectif de soutien aux réfugiés, demande donc « d’avantage d’humanité dans l’examen des dossiers » et que « la préfecture soit moins rigide ».

Des demandes que ces militants vont réitérer ce vendredi matin.

Denis Slagmulder

la Dépêche du 8 aout 2020
https://www.ladepeche.fr/2020/08/08/mobilises-pour-dire-stop-aux-reconduites-a-la-frontiere-9011816.php
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Parmi les manifestants réunis hier matin devant la préfecture, il y avait une poignée d’élus, comme la députée Bénédicte Taurine (F.I.), ou les conseillères municipales de Foix Agnès Leclerc (Foix en commun.e.) et Pascale Canal (Cap 2026).
Parmi les manifestants réunis hier matin devant la préfecture, il y avait une poignée d’élus, comme la députée Bénédicte Taurine (F.I.), ou les conseillères municipales de Foix Agnès Leclerc (Foix en commun.e.) et Pascale Canal (Cap 2026).

Plus d’une centaine de personnes ont manifesté vendredi contre les reconduites à la frontière, en forte augmentation cet été. L’appel avait été lancé avant le confinement par une quarantaine d’associations. La date d’hier a été maintenue pour « marquer le coup ».

Pas de torpeur estivale pour les expulsions, et pas de farniente pour les militants opposés aux reconduites à la frontière : hier, plus d’une centaine de personnes ont manifesté devant la préfecture, relayant un appel lancé avant le confinement par un collectif d’une quarantaine d’associations. « Même s’il est difficile de mobiliser pendant les vacances, nous sommes là pour marquer le coup, et parce qu’il se passe beaucoup de choses au mois d’août, confie Maryse Tref, membre du collectif ariégeois de soutien aux réfugiés. Beaucoup de familles se sont retrouvées à la rue début juillet, lorsque la trève hivernale a été levée. Ce mois-ci, nous avons un grand nombre d’OQTF (1). Nous refusons que les expulsions se passent en catimini ».

Pour de nombreux pays, les demandes d’asile sont systématiquement rejetées par l’Ofpra (2) (c’est le cas, notamment, pour l’Albanie, l’Arménie, la Géorgie, le Mali, etc). Théoriquement, des demandes d’accueil pour raisons de santé ou de famille pourraient être accordées, sur décision préfectorale. « Mais, dans la mesure où ils sont déboutés, leurs demandes sont systématiquement rejetées, sans que leur dossier soit étudié. Les OQTF sont délivrées systématiquement, alors que le préfet peut user de son pouvoir discrétionnaire », dénonce la militante. Parmi ces OQTF, certaines choquent tout particulièrement. Celle qui vise, par exemple, ce jeune lycéen de Lavalenet, excellent dans sa discipline, visé par une expulsion délivrée au lendemaine de sa mjorité. Actuellement, quatorze enfants, à Foix, vivent sous les coup d’une mesure de reconduite à la frontière. En moyenne, quatre mesures d’OQTF sont prises chaque semaine en Ariège. Pour les militants des droits de l’Homme réunis hier, on ne peut fermer les yeux sur les drames humains qui se jouent. Et oublier que dans l’Histoire, les Français ont été, eux aussi, obligés de quitter leur pays pour trouver refuge ailleurs.
(1) Notification d’une obligation de quitter le territoire français. (2) Office français de protection des réfugiés et apatrides.
La « préfète fait du zèle »

Selon les militants rassemblés hier matin devant la préfecture, la « préfète fait du zèle » dans son application du droit, sans user de son pouvoir discrétionnaire pour permettre aux réfugiés de rester sur le sol ariégeois. « Elle applique la loi avec un très grande rigidité », confie Chantel Tref, l’une des organisatrices du rassemblement d’hier. Sollicitée, la préfecture de l’Ariège n’a pas souhaité répondre à ces propos.

Reste qu’un rendez-vous a été demandé aux services préfectoraux, afin d’évoquer la situation de ces familles en voie d’expulsion. Ce sera sûrement l’occasion de mettre les choses à plat.
L.G.

Photos F.PAUMIER

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Mis à jour le mardi 22 septembre 2020