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Nos solidarités, nos mobilisations pour se protéger de l’épidémie, des licenciements et du gouvernement

Re-développement de l’épidémie, politique sanitaire catastrophique du gouvernement, vague de licenciements et de suppressions de postes : les nouvelles ne sont pas bonnes et pèsent sur les consciences. Il n’en demeure pas moins que les colères sont bien là, et qu’il n’y a pas de fatalité à ce que nous subissions les crises du système capitaliste et les politiques des gouvernements de la bourgeoisie.

Malgré les tentatives des classes dominantes de la contenir, la crise économique est là. Le gouvernement a fait le choix de mettre sous perfusion une partie de l’économie, multipliant les cadeaux aux grandes entreprises, notamment avec le « plan de relance ». C’est le cas avec le chômage partiel (plusieurs dizaines de milliards d’euros), les 20 milliards d’euros d’exonération des « impôts de production » reconduite chaque année, dont un quart profitera à seulement 280 sociétés. Des aides qui se cumulent avec celles de ces dernières années : exonération Fillon sur les bas salaires, CICE, etc.

L’épidémie se poursuit, sa gestion capitaliste également

De son côté, l’épidémie se poursuit, avec aujourd’hui 35 000 cas référencés par semaine, sans que l’on puisse comparer ce chiffre à celui de 30 000 par semaine en mars dernier, puisqu’à ce moment-là la population n’était pas testée. Le nombre d’hospitalisations se maintient autour de 5 000 (contre plus de 30 000 en mars), le nombre de personnes en réanimation à moins de 1 000 (contre 7 000 en mars), chacun de ces chiffres étant toutefois en nette hausse depuis fin août. Le nombre de décès est aux environs d’une cinquantaine chaque jour (alors que le pic était à 1 000 en avril). L’enjeu n’est pas pour nous de minorer la séquence pandémique actuelle, mais d’en appréhender les rythmes, en particulier de la possible seconde vague.

La gestion de la crise sanitaire par le gouvernement est toujours aussi catastrophique et met en lumière les carences du système de santé. La politique en matière de dépistage est désastreuse vu la trop faible anticipation du nombre de tests et surtout les délais d’obtention des résultats qui leur font perdre leur efficacité. Le « Ségur » de la santé n’a pas accru les capacités du système de santé. Les masques sont obligatoires dans les entreprises, supposés être fournis par l’employeur mais, pour de nombreux travailleurEs comme pour les jeunes, malgré des aides des collectivités territoriales, il faut en assumer les frais d’achat. Dans l’éducation, les personnels ne disposent que de masques en tissu dont l’efficacité est remise en cause par l’institution elle-même. Aucune mesure n’a été prise pour réduire le nombre d’élèves par classe, aucun recrutement supplémentaire, des mesures élémentaires pour limiter la propagation du virus.

Difficultés à se mobiliser

Et pendant ce temps, les licenciements et les suppressions de postes se multiplient, avec probablement un million de destructions d’emplois pour l’année 2020 (voir notre dossier), et le cas particulièrement emblématique de Bridgestone, multinationale profitable et gavée d’aides publiques qui annonce qu’elle ferme l’usine de Béthune (863 emplois).

Mais ce n’est pas parce que toutes les raisons sont là pour se révolter et exiger des comptes au gouvernement et aux capitalistes que notre camp social est à l’offensive. La mobilisation du 17 septembre a été limitée. Elle n’a été que peu préparée, le plus souvent sans appel à la grève, rendant ainsi impossible ne serait-ce que la participation aux manifestations. Cela illustre les difficultés pour que le mouvement ouvrier sorte de l’atonie. Depuis le mois de mars, avec la séquence du confinement qui a brutalement succédé au climat né de la mobilisation sur les retraites, puis un déconfinement partagé entre colères et soulagement, beaucoup de salariéEs sont sous la pression de la peur du Covid-19 et des mesures à appliquer pour s’en protéger, des conditions de travail rendues de fait encore plus difficiles et contraignantes, du risque du chômage. Dans ce cadre, nombre d’équipes syndicales sont paralysées par les difficultés liées à l’organisation du travail, à rassembler les personnels sur les lieux de travail, à sortir de la défense individuelle…

Faire vivre les colères

Les éléments combatifs n’ont toutefois pas disparu, malgré la pression d’une crise sanitaire importante qui pousse à l’attentisme. Nous sommes donc dans une situation contradictoire : les mobilisations sont faibles, et le lien entre les revendications les plus immédiates et une contestation globale des politiques gouvernementales n’est pas spontané. Mais dans le même temps, la crise sociale et politique pourrait mener rapidement à de nouvelles explosions de colère massives (comme on l’a vu avec les Gilets jaunes, ou plus récemment sur le climat ou contre les violences policières).

Nous devons nous y préparer, en tenant tous les bouts de la crise actuelle, et en articulant les préoccupations sociales, sanitaires et démocratiques. Il s’agit donc de construire les mobilisations, de les soutenir, de les populariser, de les mettre en relation pour donner confiance. La question des licenciements et des suppressions de postes devrait être l’occasion d’une campagne large du mouvement ouvrier, pour exiger que les salariéEs ne paient pas la crise des capitalistes. De même, la question de la gratuité des masques devrait être au cœur des préoccupations de la gauche sociale et politique, dans une démarche plus générale visant à revendiquer une protection effective de notre classe, qui passera aussi par une réorganisation générale des conditions de travail (baisse du temps de travail, augmentation des temps de pause, embauches massives, etc.).

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Mis à jour le samedi 14 novembre 2020