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Police partout, images nulle part ?

Crédit Photo
Photothèque Rouge / Martin Noda / Hans Lucas
Manu Bichindaritz

Lundi matin, lors d’une interview où le flic en chef a pu dérouler sans trop de contradictions toute sa panoplie d’arguments réactionnaires, Darmanin a sorti de son chapeau une nouvelle mesure : il sera bientôt interdit de diffuser des images ou des vidéos des forces de l’ordre si leur visage n’est pas flouté. Quand on sait que beaucoup de policiers se dispensent de laisser visible leur numéro d’identification obligatoire (RIO) sans que cela ne préoccupe leur hiérarchie, voilà qui en dit long sur l’impunité dont bénéficient les représentants des dites « forces de l’ordre »...

Cette disposition fait partie de la nouvelle loi sécuritaire actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, la « loi relative à la sécurité globale » portée par le député Jean-Michel Fauvergue… ex-patron du RAID ! Ainsi, l’article 24 prévoit un an de prison et 45 000 euros d’amende en cas de diffusion, « par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support », de « l’image du visage ou tout autre élément d’identification » d’un policier ou d’un gendarme, quand il est en fonction… Une disposition qui se situe dans la suite d’une proposition de loi déposée en début d’année par le très réactionnaire député Éric Ciotti, une promesse faite le 10 septembre dernier lors d’un congrès de l’UNSA Police et que Darmanin a particulièrement à cœur de vite honorer…

Car dans l’ordre macroniste – qui vise à assurer la bonne santé de la machine à profit au détriment de la santé publique comme on le voit dans cette deuxième vague pandémique – la police occupe une place centrale dans la limitation des libertés et l’encadrement de nos droits dans un sens toujours plus restrictif. Ces derniers jours, avec la mise en place du deuxième « confinement », ce couvre-feu étendu, le contrôle social et la coercition généralisée peuvent s’illustrer dans les chiffres fièrement annoncés par Darmanin lors de cette même interview : en trois jours, plus de 100 000 contrôles effectués et 5000 verbalisations pour non-respect du confinement... Et ce mardi matin, au lendemain d’une rentrée où est apparue la colère de beaucoup d’enseignantEs et d’élèves contre un pouvoir qui ne se soucie en rien de leur sécurité sanitaire, c’est aux portes de plusieurs lycées parisiens, gazeuses et tonfas à la main, que l’on a vu la police mettre violemment fin aux blocages organisés par des lycéenEs qui refusent un protocole sanitaire réduit comme peau de chagrin et des salles de classe bondées, avec au passage le gazage de plusieurs des journalistes présents.

Avec ou sans image, le maintien de l’ordre capitaliste, ce n’est malheureusement pas du cinéma…

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Mis à jour le samedi 14 novembre 2020