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Santé : l’AP-HP se lève, un enjeu national

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Le 21 mai devant l’AP-HP, la combativité s’exprime... Photothèque Rouge / JMB

Avec ses 38 hôpitaux, ses 92 000 salariéEs dont 21 685 médecins, l’AP-HP (l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris) est le plus grand centre hospitalier de France. L’issue de la lutte actuelle aura des conséquences pour l’ensemble des hôpitaux du pays, voire d’Europe. Les salariéEs avec leurs syndicats peuvent gagner et élargir la lutte à tout le secteur hospitalier contre la politique de ce gouvernement en matière de santé, à commencer par la loi Touraine.

Le 21 mai, la majorité du personnel était en grève à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales (voir l’Anticapitaliste n°289), et malgré les assignations, le rassemblement très dynamique, très combatif, devant le siège de la direction générale, a réuni 8 000 salariéEs de toutes catégories professionnelles. Les slogans les plus populaires, « Le plan de Martin Hirsch n’est ni amendable ni négociable ! », « Retrait du projet ! », « Tous ensemble, demain on continue ! », rythmaient les prises de paroles répétitives des représentantEs du personnel des établissements de l’AP-HP.
Celles des porte-paroles d’hôpitaux de régions venus apporter leur soutien furent très appréciées par les manifestantEs. Le représentant de Sud-santé-sociaux du nord de la France a témoigné des luttes dans les hôpitaux de plusieurs pays d’Europe, au nom du Réseau international contre la privatisation et la marchandisation de la santé. Le représentant de l’intersyndicale de l’EPSM de Caen, exprimant le soutien de la Convergence des hôpitaux en lutte contre l’Hôstérité, a vivement été applaudi. La psychiatrie qui s’est mobilisée en région parisienne aussi contre la destruction de son outil de soins, était présente par la voix d’un porte-parole de la fédération Sud-santé-sociaux.

Comment lutter, comment gagner ?

Ignorant la nécessité d’organiser une manifestation à l’issue du rassemblement, l’intersyndicale n’a pas non plus clarifié son orientation pour l’avenir de la lutte. Ainsi, les interventions orales se sont succédé durant trois heures sans évoquer un départ en manifestation. L’intersyndicale a annoncé une deuxième journée de grève et un nouveau rassemblement au même endroit le 28 mai, renvoyant chacunE à de nouvelles assemblées générales locales... Reste l’absence de clarté sur la reconduction de la grève et des outils de lutte dont les salariéEs doivent se doter pour gagner.
Les militantEs du NPA, présents dans plusieurs hôpitaux de l’AP-HP, ont défendu avec d’autres salariéEs la nécessité de l’auto-organisation de la lutte. C’est au personnel de décider lui-même des moyens d’agir, à commencer par la reconduction de la grève jusqu’au retrait du plan Hirsch. Les AG, qui se tiennent dans chacun des hôpitaux, pourraient proposer la tenue d’une réunion rassemblant des collègues syndiquéEs et non-syndiquéEs de tous les établissements. Dans ce cadre, les moyens d’agir, de coordonner et de gagner, pourraient être débattus et décidés. Cela sans omettre d’informer et de mobiliser la population en faveur de la défense de l’hôpital public.
L’enjeu de cette mobilisation est national, et son extension une nécessité. Tous les hôpitaux sont en butte à des attaques majeures, notamment contre les 35 heures. Il n’est donc pas possible d’attendre la grève nationale des secteurs de la santé et de l’action sociale du 25 juin appelée par les fédérations de la santé de la CGT, de FO et de SUD.

CorrespondantEs

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Mis à jour le samedi 22 février 2020