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Paris. Meeting de l’espace Charenton pour la levée de l’état d’urgence

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Samedi 23 janvier, plus d’un mois après le premier meeting unitaire contre l’état d’urgence à Paris, l’espace Charenton est devenu pendant quelques heures la caisse de résonance d’un seul mot d’ordre, celui de la levée immédiate de l’état d’urgence. Près de 1 000 personnes ont ainsi assisté au meeting organisé par les signataires de l’appel des 333. Au cours du meeting, plus de 22 militants politiques et syndicaux ont pris la parole pour dénoncer l’état d’urgence, la guerre et le racisme. Pas un mot en revanche sur la journée de mobilisation nationale contre l’état d’urgence du 30 janvier qui arrive à grands pas.

Ivan Matewan

Pendant deux heures, plus de 22 intervenants ont défilé à la tribune pour exiger la fin de l’état d’urgence. Tour à tour, des personnalités politiques comme Danielle Simonnet (Parti de Gauche), Esther Benbassa (Europe Écologie-Les Verts) et Olivier Besancenot (Nouveau Parti Anticapitaliste), des syndicalistes tels que Patrick Picard, secrétaire général de l’UD CGT Paris, ou encore des personnalités du monde intellectuel, comme l’historien Jean-Jacques Marie, ont pris la parole pour dénoncer la politique liberticide et sécuritaire du gouvernement.

Les différentes interventions ont souligné le fait que l’état d’urgence constitue un prétexte pour le gouvernement qui en profite pour s’attaquer au mouvement ouvrier et aux mouvements sociaux, pour mener une guerre contre les classes populaires et la jeunesse et pour pérenniser un état d’exception permanent accordant une impunité grandissante aux forces de l’ordre. La déchéance de la nationalité a été fortement condamnée comme étant une mesure raciste visant à approfondir et normaliser une division entre les « vrais » Français « de souche » et les autres, notamment musulmans ou assimilés comme tels. Et tous s’accordaient à dire que l’état d’urgence ne pourrait empêcher en dernière instance de nouveaux attentats terroristes. Au cœur de nombreuses interventions se trouvait la condamnation des anciens salariés de Goodyear à de la prison ferme, du jamais vu ces dernières années dans l’Hexagone.

La radicalité des discours a néanmoins varié. Certains intervenants se voulaient compatibles avec l’État et son appareil policier et judiciaire, voire carrément « hollando-compatibles ». Certains se sont contentés d’appeler à un retour à l’état de droit car tout ce que le gouvernement met en avant pour justifier l’état d’urgence est déjà permis par l’état de droit ordinaire. D’autres, comme Danielle Simonnet, conseillère municipale parisienne et coordinatrice du Parti de Gauche, ont expliqué que ce qui était réellement nécessaire pour combattre le terrorisme n’était pas l’état d’urgence, mais de nouveaux investissements en direction des forces de l’ordre. Ces mêmes forces de l’ordre qui s’attaquent les migrants main dans la main avec l’extrême-droite à Calais et assassinent impunément les jeunes des quartiers populaires.

D’autres discours, en revanche, tranchaient davantage. Olivier Besancenot a fait le lien entre l’état d’urgence, la stigmatisation des musulmans et assimilés comme tels, la criminalisation du mouvement ouvrier et les guerres qui ravagent le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord depuis un quart de siècle.

Intervention d’Olivier Besancenot :

Daniel Gluckstein - secrétaire national du Parti Ouvrier Indépendant Démocratique, l’un des moteurs de l’initiative - a insisté, lui, sur la nécessité de construire un mouvement « par en bas », dans la rue, afin de mettre en échec Hollande et son tournant autoritaire. Le secrétaire général de l’UD CGT Paris, Patrick Picard, a pour sa part insisté sur les liens de solidarité qui devraient se développer entre le mouvement ouvrier criminalisé et les migrants, dans le cadre de la lutte contre l’état d’urgence.

Intervention de Patrick Picard :

Le grand absent de l’après-midi était tout de même le 30 janvier, cette journée de mobilisation nationale contre l’état d’urgence, la première mobilisation de ce type depuis les attentats du 13 novembre et qui devrait être le point de départ d’un large mouvement unitaire en défense des libertés démocratiques, contre la guerre et le racisme. A la tribune, on préférait plutôt se donner rendez-vous devant les institutions afin d’être reçus en délégation pour exiger du gouvernement la levée de l’état d’urgence. Ce meeting parisien nous renforce dans l’idée qu’il faut massivement descendre dans la rue samedi, à Paris et ailleurs en province.

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Mis à jour le lundi 15 juillet 2019