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22 mai, 26 mai : prochaines étapes pour la construction d’un mouvement d’ensemble

Crédit Photo : Photothèque Rouge/JMB.

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement campe sur ses positions, restant sourd face au mouvement social. Pourtant, les mobilisations qui s’annoncent pourraient l’emmener sur une ligne de crête. Car si le mouvement, principalement centré sur la SNCF, s’étire dans le temps, il ne s’étiole pas pour autant.

Force est de constater que la mobilisation des cheminotEs, si elle n’est pas encore parvenue à déborder la stratégie syndicale des deux jours par semaine, tient et s’inscrit dans la durée. La « journée sans cheminot » a montré qu’il y avait des possibilités d’amplifier le mouvement et que les travailleurEs de la SNCF s’opposaient massivement à la réforme.

Quant au mouvement étudiant, malgré des contours sporadiques, il arrive à entretenir un climat de contestation et de radicalisation dans une partie de la jeunesse. À Air France, c’est l’arme macronienne du référendum qui s’est retournée contre la direction. La « majorité silencieuse », prétendument acquise aux réformes du gouvernement, a soutenu les grévistes.

Macron a donc bel et bien une épine dans le pied. Mais la marche à franchir est encore haute pour le déstabiliser. L’enjeu du mouvement reste encore, plusieurs semaines après son déclenchement, l’amplification et la convergence.

Contre la tentation du cloisonnement

À cet égard, la grève de la fonction publique du 22 mai revêt une importance toute particulière. Si les précédentes journées de mobilisation de ce secteur ont été des succès, la frilosité de l’inter-syndicale ne leur a pas permis d’avoir des suites. Et on peut d’ores et déjà regretter le choix d’une date en dehors de la mobilisation des cheminotEs. Pourtant, ce sont les mêmes menaces qui planent à la SNCF et dans la fonction publique : casse des statuts, privatisations, suppressions de postes, précarisation, management agressif, détérioration du service aux usagers… La construction de cette grève doit donc être l’occasion de faire converger toutes celles et tous ceux qui veulent faire reculer le gouvernement sur ses projets de destructions des services publics. À cet égard, une défaite des cheminotEs, dont la lutte resterait isolée, serait lourde de conséquences pour toutes et tous, travailleurEs comme usagerEs des services publics.

Cette convergence des luttes doit s’accompagner d’une convergence des forces, des forces syndicales, politiques et associatives. Contrairement à la séquence de la semaine précédente, qui a vu s’enchaîner 1er Mai syndical et « Fête à Macron » le 5 mai. Certes, il n’y avait pas, pour autant, opposition entre les deux dates, mais pas non plus coagulation. Et cette tentation du cloisonnement pourrait nous entraîner dans une logique mortifère, celle de la division à un moment crucial où la mobilisation peut s’amplifier ou bien s’essouffler.

Or, cette division ne peut que servir les intérêts du gouvernement, qui cherche lui-même à enfoncer le clou en nous faisant le coup des gentils et des méchants manifestantEs avec la surmédiatisation des Black blocs.

Ancrer et renforcer la mobilisation

Et c’est bien là tout l’enjeu de la préparation de la manifestation du 26 mai. Il s’agit de dépasser les traditionnelles méfiances pour impulser une dynamique unitaire qui fasse le lien entre le mouvement social, le mouvement syndical et le mouvement politique.

Malgré l’annonce de la présence de la CGT, dont on ne peut que se féliciter, eu égard à son poids et à sa surface militante, les obstacles sont encore nombreux sur la voie de l’unité. À commencer par l’attitude de ceux qui cherchent un peu trop à tirer la couverture à eux.

L’attitude de la FI, lorsqu’elle a cherché à faire une OPA sur la manifestation du 5 mai, risque de raviver les méfiances du mouvement social et syndical, qui craint d’être instrumentalisé par des organisations politiques dont la tentation électoraliste reste bien souvent l’horizon indépassable.

Au NPA, nous nous sommes attelés à créer cette dynamique d’unité d’action car nous pensons que la convergence de ces trois forces, politique, syndicale, associative, peut être un point d’appui supplémentaire pour la construction des luttes.

C’est pourquoi la préparation de la manifestation doit être l’occasion d’impulser ou de poursuivre la construction de collectifs unitaires qui fassent le lien avec le mouvement de grève et de contestation du gouvernement Macron pour ancrer et renforcer la mobilisation.

Camille Jouve

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Mis à jour le samedi 23 juin 2018