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Accueil > Communiqués, conférences, réunions > NPA 09 > Le barrage du Col del Four : Les « Coteaux de Gascogne » nous coûtent cher (...)

Le barrage du Col del Four : Les « Coteaux de Gascogne » nous coûtent cher !

Le barrage du col del Four au-dessus de Montferrier, en Ariège, est un exemple coûteux de réalisation inutile effectuée par la « Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne » (CACG) avec la complicité du Conseil général ( à écrasante majorité socialiste). En résumé c’est 1,7 million d’€ (HT) pour RIEN ( une Réalisation Inutile Et Nuisible).

UNE HISTOIRE D’EAU ... POLLUÉE :

A l’origine, c’est l’histoire d’un petit cours d’eau, le Touyre, 39 km de long, descendu du massif de Tabe, avec un dénivelé* de 1535m et qui a permis dans sa vallée moyenne le développement d’une industrie textile active et très vite mono-industrie. Après les années 1950, avec la chimie dominante, ce cours d’eau est lourdement pollué prenant même toutes les couleurs possibles.
En effet, les industriels refusent d’installer des stations d’épuration sur leurs unités de production et menacent de fermeture si la pression « anti pollution » se fait trop forte. Le Touyre est un véritable « égout à ciel ouvert » dont 80 % des poisons viennent des industries et 20% des communes riveraines.

« POLLUEURS-PAYÉS » ET "POLLUÉS-PAYEURS :

Malgré cela, la solution va être dictée par les pollueurs qui vont créer « un syndicat libre de la haute vallée du Touyre » dans lequel ils sont majoritaires et vont toucher 80 % des subventions publiques ...
La solution retenue est celle d’un collecteur parallèle au cours d’eau recueillant les effluents des usines et des communes de toute la vallée moyenne, de l’amont (Montferrier) à l’aval (Laroque d’Olmes) où se trouve une grosse station d’épuration gérée par « Degrémont », filiale de la « Lyonnaise des eaux ». Ce système fonctionnera dès 1998.

PAS DE POLLUTION, MAIS PAS D’EAU NON PLUS !

Le résultat sera un traitement des pollutions, mais également un manque d’eau dans le Touyre, puisque les entreprises ne rejettent plus l’eau dans le lit, mais dans le collecteur enterré. Il y a donc un problème pour garder le débit réservé surtout en période d’étiage* (août-septembre).
Le nouveau problème est donc la « réalimentation » de la rivière.

A LA RECHERCHE DE L’EAU PERDUE :

Pour cela, éluEs, Etat et industriels vont rejeter avec forces moqueries la solution des écologistes d’une remontée des eaux avec un tuyau parallèle au collecteur. La solution est
peu coûteuse d’après un technicien du bassin Adour-Garonne et présente l’avantage de s’assurer de la bonne dépollution de l’eau à la sortie de la station d’épuration, pour une réutilisation possible par les usines.
La solution sera de chercher de l’eau en amont et ce sera la course aux projets. Pomper l’eau du karst* du Pays de Sault (1997), mais cela amènera une crainte des populations et un risque de disparition de sources et de la fontaine intermittente de Fontestorbes, lieu touristique. Créer des retenues ensuite. L’une dans la vallée étroite du Freychinadel (1999) et l’autre à Villeneuve d’Olmes (1999 également). Les deux projets seront abandonnés car risqués et rejetés par les populations locales.

ZORREAU CACG EST ARRIVÉ :

Et c’est là que les « Coteaux de Gascogne » arrivent... Les ingénieurs éblouissent de termes savants les conseillers généraux qui font une confiance aveugle et engagent les travaux de la retenue du col del Four.
A 884 m d’altitude et loin des habitations, une petite vallée au bassin-versant* très limité, autrement dit (et la population locale le dit) l’alimentation en eau sera insuffisante. Le fond de la vallée est argileuse, donc imperméable ... mais la couche d’argile est fine et nos experts des « Coteaux de Gascogne » vont creuser ! Creuser pour gagner du volume dans le futur réservoir et pour construire la digue . Conséquence : ils suppriment l’argile et « touchent le fond » qui est calcaire ... donc perméable.

Derrière la digue (barre de neige), un bassin versant très insuffisant.


A droite le la digue ... le réservoir. Photo prise le 19 février 2015 après une période de fortes précipitations ( pluie, neige).

« Photothèque Rouge / A09 »

COÛTEUX RÉSERVOIR D’AIR :

Coût de cette magnifique opération : 1,753 million d’€ (hors taxe) d’argent public ( voir photo panneau fond bleu ), ça fait cher le « réservoir d’air » ... qui ne réalimente donc pas le Touyre, et ce, depuis 1998. Il faut dire que depuis, la quasi totalité des entreprises a fermé ... pour des raisons de profit capitaliste. La station d’épuration de Laroque d’Olmes est par conséquent gérée par le SMDEA (Syndicat Mixte Départemental de l’Eau et de l’Assainissement de l’Ariège), c’est à dire le Département. qui doit compenser financièrement la perte de l’apport industriel.Et qui paie donc ? Les contribuables !

« Photothèque Rouge / A09 »

POMPONS !

Une solution a été évoquée pour corriger l’erreur et réalimenter : placer une géomembrane ( une grosse bâche, quoi) sur le fond et faire remonter l’eau en pompant le Touyre ( en bas à 760 m d’altitude et une très forte pente) lors des périodes de hautes eaux et remplir le réservoir ...
A quel coût ? Avec quelle garantie ?

QUESTIONS POUR DES PIGEONS :

Des questions se posent donc :
- Le Conseil général serait en procès contre « Coteaux de Gascogne ». Qu’en est-il ? Il est un peu difficile d’imaginer cela quand on sait que le Conseil général de l’Ariège est représenté au conseil d’administration des « coteaux » comme la plupart des conseils généraux de Midi-Pyrénées et d’Aquitaine. Le Conseil général de l’Ariège serait donc victime et coupable ?
- S’il y a eu procès, où en sommes-nous ?

VERS UN AUTRE SCANDALE ?

Le Conseil général de l’Ariège va rendre la réalimentation encore plus difficile avec son projet d’augmentation du volume d’eau dans le lac de Montbel en rehaussant le barrage et en prélevant de l’eau ... du Touyre. Ceci, encore, pour les besoins des « maïsiculteurs » de la plaine.
L’étude, évaluée à 50 000 € (HT) n’est toujours pas connue des populations. M. Jean Cazanave, (conseiller général du canton de Mirepoix, président de l’institution interdépartementale pour l’aménagement du barrage de Montbel, et membre du CA de la CACG ...) affirmait dans « La Dépêche » du 24 janvier 2014 que cette étude devait délivrer son verdict dans les huit mois suivant la notification du marché public pour l’appel d’offres. Ceci n’empêchait pas M. Charles Alozy, directeur des équipements collectifs du Conseil général, d’affirmer (« Ariège-Pyrénées N° 28 juillet-août-septembre 2010) »Le projet d’une liaison avec l’affluent Touyre d’un coût de dix millions d’€ apportera 9 à 14 millions de m3 supplémentaires« . Sans parler d’une eau du Touyre de qualité moyenne avec »des matières phosphorées/azotées et de la pollution chimique (mercure, plastifiant)" d’après le bassin Adour-Garonne.
D’après Anne Déro, dans « La Dépêche » du 20 avril 2015 :
« Renseignements pris, les conclusions de cette étude ne seront connues qu’en juillet 2016, car il a paru opportun de la compléter par de nouvelles analyses à faire en périodes de hautes et de basses eaux. »
Carte de la qualité des eaux. Document du bassin Adour-Garonne.
« Photothèque Rouge / A09 »
*Dénivelé : Différence d’altitude entre deux lieux ( ici entre la source et la confluence du Touyre avec l’Hers-Vif à Lagarde)
*Étiage : Période de basses eaux dans un cours d’eau.
*Karst : Massif calcaire avec des infiltrations d’eau ( gouffres, résurgences,etc...)
*Bassin versant : Ensemble d’un territoire parcouru par un cours d’eau et ses affluents.

Le « réservoir d’air » sert de pâturage aux chevaux.

« Photothèque Rouge / A09 »

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Mis à jour le dimanche 26 décembre 2021