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Fichage des Gilets Jaunes dans les hôpitaux : l’Ordre des médecins saisit le Ministère de la santé

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Révélé par Médiapart et confirmé par le Canard Enchaîné début avril, le fichage des Gilets Jaunes blessés lors des manifestations est bel et bien mis en place dans les hôpitaux via la base de données interministérielle SI-VIC. C’est aujourd’hui l’Ordre National des Médecins qui dénonce ces pratiques violant à la fois le secret professionnel des praticiens et les libertés des patients.

Tom Cannelle
La base de données SI-VIC, mise en place en 2015, à la suite des attentats terroristes de Paris, est consultable par plusieurs ministères et notamment celui de l’Intérieur ou de la Justice. Elle sert l’identification et le dénombrement des victimes d’attentats, mais aussi lors de « situations sanitaires exceptionnelles » (ouragans, accidents graves…), mais le gouvernement s’en est saisi au cours du mouvement des Gilets jaunes pour demander aux praticiens hospitaliers de ficher les manifestants. Cette application abusive, condamnée par l’opinion publique, dans les réseaux sociaux, est, aujourd’hui remise en cause par les professionnels de la Santé eux-mêmes. D’abord par l’Association des Médecins Urgentistes de France, mais aujourd’hui encore, par l’Ordre de médecins, qui, dans son communiqué de presse du 19 avril, dit « partager les interrogations des médecins au regard du secret médical » saisissant la DGS (Direction Générale de la Santé) et la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés).

Cette dénonciation au plus haut degré de la Santé, de la surveillance institutionnalisée et de la violation du droit de manifester intervient dans un contexte d’État d’urgence désormais inscrit dans la loi qui dure depuis 2015 permettant la mise en place d’outils et de méthodes portant toujours plus atteinte aux droits démocratiques. En effet dans un moment de forte contestation sociale, durant lequel l’Etat, à bout de souffle, compte plus que jamais sur l’intimidation et sur sa force répressive pour tenter d’en finir avec les Gilets jaunes, gardes à vue brutales sur des motifs arbitraires, passage à tabac de manifestants ou encore utilisation d’armes de plus en plus offensives pour ensuite ficher les contestataires démembrés, éborgnés ou défigurés sont autant de moyens du gouvernement pour tenter d’enrayer le mouvement. La SI-VIC, dans ce contexte représente un nouvel outil de pression de plus pour l’exécutif.

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Mis à jour le dimanche 19 mai 2019