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2 ème débat Européennes sur CNews : dans la xénophobie ambiante, Lutte Ouvrière, seule voix internationaliste

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Quel projet pour quelle Europe ?
Le deuxième débat des Européennes avait lieu ce mardi soir confrontant Lutte Ouvrière, l’UPR, l’UDI, Patriotes, le PCF et Génération.s. Brève analyse de cette cacophonie où Lutte Ouvrière a été la seule voix d’indépendance de classe portant un programme résolument internationaliste.

Iris Serant
Ce mardi soir, avait lieu le deuxième débat des Européennes, diffusé sur Europe 1 et CNews. Etaient réunis sur le plateau, pour 2h30 de débats : Nathalie Artaud de Lutte Ouvrière, François Asselineau de l’UPR Jean-Christophe Lagarde de l’UDI, Florian Philippot des Patriotes, Fabien Roussel du PCF et Guillaume Balas de Génération.s. Autour de la vaste question « Demain, quelle France dans quelle Europe ? », quatre grands thèmes étaient abordés : le pouvoir d’achat, l’écologie, le rapport à l’union européenne, et l’immigration.

Seule « réponse unanime » du débat nous dit CNews : « aucun des candidats ne voit d’un bon œil la politique menée par Emmanuel Macron ». Pourtant, si la plupart des listes tentent de se poser en principal opposant à Macron, le RN poussant le comble jusqu’à pousser au vote utile contre LREM, la plupart des projets portés par les différentes listes n’en sont pas moins profondément semblables dans leur projet profond de maintien des politiques libérales.

Encore et toujours, pour ou contre l’Union européenne ?

Alors que ce sont les questions démocratique et sociale, celles du frigo vide ou du loyer impayé, qui a fait sortir dans les rues les Gilets Jaunes, c’est bien plutôt les questions de l’Union européenne et de l’immigration qui polarisent pour l’instant la plupart des débats, en en faisant l’alpha et l’omega des problématiques sociales.

Un parti tel que l’UPR fait notamment son beurre sur cette polarisation autour de la question de la sortie de l’UE, à tel point qu’Asselineau esquivait tout bonnement les différentes questions, faisant du Frexit la condition préalable à toute discussion politique. De même, Philippot insistait sur une sortie de l’union européenne pour « retrouver la liberté de mener les politiques qui nous conviennent ». De l’autre côté l’UDI, de centre-droit, maintenait un profil « europhile », appelant à « retrouver des projets fédérateurs ».

D’un côté comme de l’autre, du camp des « eurosceptiques » à ceux des « europhiles », on tente de camoufler les rapports existants entre la France et l’Union Européenne. Loin d’être une discussion unilatérale entre les différents pays, l’Union Européennes et ses traités sont en dernière instance des outils, bien pratiques, pour faire appliquer des politiques de libre échange, mettre les travailleurs en concurrence y compris au sein des mêmes frontières par la multiplication des contrats précaires, pour faire appliquer le rouleau néolibéral. Et justement, les classes dominantes française, et allemandes, de part leur position économique sont les premières à en dicter les politiques, et à profiter de l’UE. Avant la formation de l’Union européenne, les classes populaires n’avaient pas de meilleures places dans leur calendrier.

De ce point de vue, la position de Lutte Ouvrière n’est donc pas une sortie de l’Union Européenne, ni d’ailleurs son renforcement, mais de sortir de ce schéma binaire de « Pour ou contre l’Europe » en posant la question de l’opposition entre les classes dominantes européennes et celles des travailleurs, de tous les pays. Un projet, qui contre toutes les illusions réformistes de changement graduel et progressif de ce système au service du patronat, proposent justement de le dépasser, par la mobilisation des travailleurs, « car je ne pense pas que les choses viendront d’en haut » affirmait Nathalie Artaud.

Résolument pour l’ouverture des frontières

Derrière la question de l’appartenance ou non à l’Union européenne se larve la question de l’ouverture ou non des frontières. Agitant le spectre du « problème migratoire » et de « l’afflux de migrants » , c’est aussi le spectre d’un contrôle renforcé des frontières et d’un repli sécuritaire qui est mis en avant.

Si Philippot s’est positionné, naturellement, contre l’immigration, légale ou clandestine, rejouant les sempiternels discours racistes et xénophobes, c’est une autre différence que Lagarde a mis en avant, entre les réfugiés politiques et les migrants économiques ou écologiques, entre « bons » et « mauvais migrants ». « Nous devons bien sûr accueillir ceux qui sont menacés politiquement. Mais pas climatiquement, ni socialement, ni économiquement, car je pense que c’est irréalisable. Vous considérez en réalité que toutes les Nations doivent avoir porte ouverte. Est-ce que l’Europe est responsable de toutes les misères ? Je ne crois pas », a-t-il ainsi déclaré.

Au contraire Nathalie Arthaud portait une voix résolument internationaliste, refusant ces distinctions entre réfugiés politiques ou économiques, du fait des mêmes politiques impérialistes menées par les puissances européennes – déstabilisation des régimes, maintien de la dépendance économique vis-à-vis de l’impérialisme – , les discours visant à diviser les classes populaires, elle martelait « Je défends la liberté de circulation et d’installation totale. Du point de vue de ces femmes et de ces hommes, ça change quoi de mourir sous les bombes ou de faim ? ».

Ce programme internationaliste et révolutionnaire, qui n’attend pas un changement provenant de ces institutions aux services des puissances économiques et politiques n’est pas un programme électorale, la hausse des salaires, le partage du temps de travail entre tous et toutes, l’ouverture des frontières ne sont pas atteignables dans ce cadre, mais par la force de la lutte des travailleurs et des opprimés, de ceux que ces institutions privent de parole et qui ont tout à gagner à faire entendre leur voix par leur propre méthode et organisations.

C’est en ce sens qu’en tant que courant du NPA animant Révolution Permanente nous appelons à voter Lutte Ouvrière, et ce malgré nos désaccords, pour faire entendre une voix de classe, résolument internationaliste et révolutionnaire. Nous ne pouvons qu’inviter nos lecteurs à se rendre au meeting de Lutte Ouvrière organisée le 10 mai à Paris pour débattre de ces idées.

P.-S.

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Mis à jour le mardi 22 octobre 2019